Au Sénégal, trois chroniqueurs proches du Pastef jugés pour offense au chef de l’État

Trois chroniqueurs du média Feeñal Digital, proches du parti Pastef, comparaissent mercredi devant la justice sénégalaise pour offense au chef de l’État et discours contraire aux bonnes mœurs. Lamignou Darou, Oustaz Thiep et Ndiaye Touba sont poursuivis après la diffusion d’une vidéo sur TikTok dans laquelle ils priaient pour que le malheur et la mort frappent « celui qui a trahi le projet du Pastef ».

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Société
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Au Sénégal, trois chroniqueurs proches du Pastef jugés pour offense au chef de l’État
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La formule a été largement interprétée comme visant le président Bassirou Diomaye Faye, même si son nom n’est pas prononcé dans la vidéo. Les trois hommes, arrêtés le 28 juillet dans les locaux de leur rédaction, sont détenus depuis cette date et sont jugés en urgence, après une autosaisine du procureur de la République.

Les mis en cause ont assuré face aux enquêteurs qu’ils ne visaient pas le chef de l’État. Ils ont présenté la séquence comme une discussion entre amis, sans intention de s’en prendre au président de la République.

Leur avocat, Me Aby Nar Ndiaye, conteste la qualification retenue par le parquet. Selon lui, l’infraction d’offense au chef de l’État ne peut être constituée que si le président est explicitement désigné, contrairement à la diffamation qui peut, dans certains cas, être retenue sans citation directe du nom de la personne visée.

La défense dénonce une persécution politique

La défense entend également inscrire cette procédure dans un contexte politique plus large. Elle dénonce une présumée persécution visant la jeunesse qui se réclame d’Ousmane Sonko, président du Pastef et actuel président de l’Assemblée nationale.

Les relations entre le chef de l’État et M. Sonko se sont tendues depuis le limogeage de ce dernier de la primature en mai. La défense estime que cette rivalité alimente les poursuites engagées contre des sympathisants du Pastef, notamment sur les réseaux sociaux.

Les trois chroniqueurs encourent des sanctions pour des propos considérés comme contraires aux bonnes mœurs ainsi que pour offense au chef de l’État. Leur conseil plaide leur relaxe, en soutenant que les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas réunis.

Cette affaire intervient quelques jours après la condamnation d’Adama Ndiaye, une commerçante de Touba, à six mois de prison dont un ferme pour des propos tenus contre le président lors d’un direct sur TikTok. Ce précédent est invoqué dans le débat sur la répression des prises de parole diffusées sur les plateformes numériques au Sénégal.

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