Au Burkina Faso, le ministre Zoungrana veut soulager le « calvaire » des enseignants
Le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique (MESFPT), Moumouni Zoungrana, a présenté le 23 mars 2026 un état des lieux chiffré de la gestion des carrières : sur 34 161 dossiers reçus depuis le 14 janvier, 30 360 ont été instruits, soit un taux de traitement de 88,87 %, tandis que le ministère mise sur la digitalisation pour améliorer l’accès aux services, en particulier pour les personnels en zone rurale.

Depuis l’ouverture de l’opération de régularisation des carrières, le MESFPT fait remonter des données précises sur les types de dossiers traités : avancements, indemnités, bonifications liées au service national de défense (SND) et autres requêtes administratives concernant les 46 059 agents du département. Le reliquat de 3 801 dossiers est planifié pour épuration d’ici la fin mai 2026, selon les informations communiquées par la tutelle.
Pour accélérer le rythme, le ministère a annoncé plusieurs mesures organisationnelles et financières. La création d’un service de solde propre au MESFPT et la décentralisation de la gestion vers les directions régionales figurent parmi les dispositifs prévus. Une opération « caisse vide » destinée à liquider les retards d’avancement est programmée pour la fin avril.
Numérisation, proximité et modalités de mise en œuvre
L’élément central de la stratégie annoncée est le déploiement de l’application « DRH‑MESFPT ». Conçue pour permettre aux enseignants et agents de consulter l’état d’avancement de leur dossier sans se déplacer jusqu’à la capitale, l’application intègre, selon le ministère, des fonctionnalités accessibles même en l’absence de connexion internet permanente. Le ministre a présenté cet outil comme un moyen de réduire l’isolement des personnels sur le terrain.
Moumouni Zoungrana a motivé l’urgence de la transformation numérique par son expérience personnelle : recruté comme instituteur adjoint en 1995 en milieu rural, il a évoqué les difficultés qu’il a rencontrées dans les nombreuses démarches administratives anciennes. Il a insisté sur la nécessité de soulager les agents pour améliorer leur engagement dans les réformes.
La décentralisation annoncée implique le transfert progressif de compétences vers les directions régionales, opérationnalité qui doit accompagner l’ouverture du service de solde ministériel. Le calendrier communiqué prévoit que ces mécanismes soutiendront le traitement des dossiers restants et favoriseront une gestion de proximité.
Le ministère reconnaît que des défis persistent en matière d’équipement et de fonctionnement des établissements ; un plan structurant est en cours d’élaboration pour traiter ces questions dans la durée. Afin d’assurer la transparence et le dialogue, plusieurs déplacements sur le terrain ont été effectués et des sessions en visioconférence ont déjà réuni plus de 4 000 acteurs de l’éducation, y compris dans des zones à fort défi sécuritaire


