Allemagne: les électeurs se rendent aux urnes en Saxe-Anhalt, un scrutin test pour l’AFD

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche 6 septembre 2026 en Saxe-Anhalt, ce Land de l’ex-Allemagne de l’Est où le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) pourrait remporter une victoire inédite. Ce serait une première pour une formation d’extrême droite depuis la Seconde Guerre mondiale. L’AfD est créditée de plus de 40% des intentions de vote, soit près de vingt points devant la CDU, le parti qui dirige la région depuis janvier 2026 sous la houlette du ministre-président Sven Schulze, successeur de Reiner Haseloff. Ce scrutin régional sera scruté de près à l’échelle nationale.

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Politique
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Allemagne: les électeurs se rendent aux urnes en Saxe-Anhalt, un scrutin test pour l’AFD
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Ce vote est perçu comme un baromètre de la mobilisation autour d’un parti d’extrême droite en progression constante en Allemagne, rapporte l’envoyée spéciale de RFI à Magdebourg, Murielle Paradon. « L’heure de vérité », titrait ce dimanche matin le quotidien populaire Bild.

En Saxe-Anhalt, l’AfD est largement en tête des sondages. Son chef de file régional, Ulrich Siegmund, a construit sa campagne sur les frustrations et les inquiétudes des habitants, promettant un redressement économique, l’expulsion des personnes immigrées qu’il accuse de nombreux maux, et un regain de fierté nationale.

Face à cette poussée, les partis rivaux se sont mobilisés, tout comme une partie de la société civile: plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Magdebourg, la capitale régionale, pour défendre les valeurs démocratiques face au programme de l’extrême droite.

Des citoyens de seconde zone

Le doublement du score de l’AfD par rapport au précédent scrutin régional, il y a cinq ans, s’explique notamment par l’héritage de la réunification et par les frustrations qu’exploite le parti, selon le sociologue Steffen Mau, une référence sur les dynamiques politiques de l’Est allemand. Interrogé par le correspondant de RFI à Berlin, Pascal Thibaut, il détaille: « La première génération, comme les migrants, tente de s’intégrer: c’est la génération d’Angela Merkel. La deuxième et la troisième génération renouent avec leurs origines et leur identité régionale. Cela s’explique en partie par les promesses non tenues de la réunification, et des acteurs politiques comme l’AfD exploitent ces frustrations. »

Selon lui, 60% des habitants de l’Est de l’Allemagne se perçoivent comme des citoyens de seconde zone. « Quand on leur dit qu’ils ne sont pas des citoyens de seconde classe mais l’avant-garde, on retourne leur complexe d’infériorité: des personnes qui se sentaient déclassées se sentent considérées et redressent la tête », poursuit le sociologue, qui relève aussi une nostalgie de la RDA récupérée par l’AfD, laquelle compare l’Allemagne actuelle à l’ex-République démocratique communiste.

En Saxe-Anhalt, où les Länder disposent de compétences importantes comme l’éducation, l’AfD veut notamment supprimer toute forme d’inclusion scolaire, couper les subventions à certaines associations et créer des milices citoyennes chargées de la sécurité.

Une majorité incertaine

Il n’est pas certain que le parti d’extrême droite, même en cas de victoire, obtienne la majorité absolue nécessaire pour gouverner seul la région: une coalition entre les autres partis reste possible. Mais ce résultat pèsera sur la vie des habitants de Saxe-Anhalt et aura des répercussions au niveau national, l’AfD présentant systématiquement ce scrutin régional comme un premier pas vers une conquête du reste du pays.

Les bureaux de vote fermaient à 18h, heure à laquelle les premières estimations étaient attendues.

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