Afreximbank évalue à 77 milliards de dollars le potentiel inexploité du commerce intra-africain
L’Afrique pourrait générer 77 milliards de dollars d’exportations supplémentaires en développant davantage les échanges entre ses économies. Selon Afreximbank, l’essentiel de ce potentiel se concentre dans les produits manufacturés et semi-transformés, alors que la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine reste confrontée à plusieurs obstacles structurels.

Les échanges commerciaux entre les pays africains demeurent largement inférieurs aux capacités du continent. Le potentiel d’exportation intra-africain encore inexploité est estimé à 77 milliards de dollars, selon le rapport 2025 sur l’efficacité du développement du commerce publié par la Banque africaine d’import-export, Afreximbank.
Ce montant représente plus du tiers de la valeur actuelle du commerce intra-africain. Les échanges entre les pays du continent avaient atteint 220,3 milliards de dollars en 2024, en progression de 12,4 % par rapport à l’année précédente.
La réalisation de ce potentiel porterait le commerce intra-africain à près de 300 milliards de dollars. Elle dépendra notamment de la capacité des États à réduire les barrières commerciales, à améliorer les infrastructures et à renforcer les chaînes de valeur régionales.
L’industrie concentre les principales possibilités d’exportation
Les opportunités les plus importantes concernent les produits manufacturés et semi-transformés. Afreximbank identifie notamment les machines, les véhicules automobiles et leurs pièces, les équipements électriques, les produits alimentaires transformés, les produits chimiques, les plastiques ainsi que les produits minéraux.
Cette structure distingue le commerce intérieur du continent de ses échanges avec le reste du monde. Les produits manufacturés et semi-transformés représentent plus de 60 % des exportations intra-africaines, contre une proportion comprise entre 13 % et 17 % dans les exportations africaines destinées aux marchés extérieurs.
Les échanges entre pays africains offrent ainsi davantage de débouchés aux industries locales que les exportations vers les autres continents, encore largement dominées par les matières premières. La transformation locale des ressources pourrait permettre aux économies africaines de conserver une part plus importante de la valeur créée, tout en développant l’emploi industriel.
La Zone de libre-échange continentale africaine constitue le principal cadre destiné à favoriser cette évolution. Elle prévoit la réduction progressive des droits de douane et des autres obstacles qui limitent la circulation des marchandises et des services entre les États membres.
Sa mise en œuvre demeure néanmoins inégale. Les entreprises restent confrontées aux coûts du transport, à la lenteur des procédures frontalières, aux différences réglementaires, aux restrictions non tarifaires et aux difficultés d’accès aux financements commerciaux.
Le déficit annuel de financement du commerce en Afrique reste supérieur à 120 milliards de dollars, selon les données citées dans le rapport. En 2025, Afreximbank affirme avoir déployé 4,8 milliards de dollars de lignes de financement commercial dans 26 pays, contribuant à réduire ce déficit de 18,7 %.
La banque indique également avoir facilité 8,7 milliards de dollars d’échanges intra-africains et soutenu 2,8 milliards de dollars d’exportations manufacturières au cours de l’année. Ses interventions auraient généré près de 59 000 sous-prêts en faveur de petites et moyennes entreprises.
L’intégration commerciale repose aussi sur le développement de systèmes de paiement adaptés. Le Système panafricain de paiement et de règlement, connu sous l’acronyme PAPSS, permet aux entreprises d’effectuer des transactions transfrontalières dans les monnaies locales, sans passer systématiquement par le dollar ou une autre devise internationale.
En 2025, cette plateforme couvrait 72 banques commerciales dans 27 pays, selon Afreximbank. Son déploiement doit réduire les coûts de conversion monétaire et faciliter le règlement des transactions entre entreprises africaines.
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