34 ans de prison pour une Saoudienne pour avoir « fourni de l’aide » à des opposants sur Twitter

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Un tribunal saoudien a condamné une étudiante à 34 ans de prison pour avoir « fourni de l’aide », via ses tweets, à des opposants politiques qui cherchent à « troubler l’ordre public ».

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, reçu récemment à l’Elysée par Emmanuel Macron, continue ses repressions à l’endroit des dissidents. Etudiante au Royaume-Uni et de retour dans son pays natal, Salma al-Shehab vient d’être envoyée en prison par l’Arabie Saoudite, à cause de messages postés sur les réseaux sociaux en faveur des droits des femmes. Une nouvelle «condamnation draconienne» du régime de Mohammed ben Salmane.

Ce lundi, Salma al-Shehab, étudiante de 34 ans à Leeds, en Angleterre,  a été arrêtée en janvier 2021 alors qu’elle était en vacances en Arabie saoudite. Cette mère de deux enfants a ainsi écopé de trente-quatre années de prison, ainsi qu’une interdiction de voyager de la même durée.

Dans un premier temps, cette dernière avait été condamnée à trois ans de prison pour le «crime» d’avoir utilisé un site, le réseau social Twitter en l’occurrence, pour «provoquer des troubles publics et déstabiliser la sécurité civile et nationale». Cependant, la cour d’appel a décidé d’alourdir sa peine à la demande d’un procureur, qui avait demandé au tribunal d’examiner d’autres crimes présumés.

Selon des archives judiciaires, consultés par nos confrères du Guardian, les nouvelles accusations incluent l’allégation que Salma al-Shehab «cherchait à déstabiliser la sécurité civile et nationale» en suivant des comptes Twitter de militants pro-démocratie et en retweetant leurs publications.

Selon des informations récoltées par le Guardian, Shehab n’était pas une activiste de premier plan, mais plutôt une personne ne supportant pas l’injustice. En effet, avec environ 2.6000 abonnés sur Twitter, Salma Al-Chehab, publiait régulièrement des messages en faveur des droits des femmes dans le royaume ultraconservateur.  

Décrite comme bien éduquée, Shehab semblait soutenir la cause de Loujain al-Hathloul, une militante féministe saoudienne, emprisonnée et torturée pour avoir soutenu le droit de conduire pour les femmes saoudiennes. A l’heure actuelle, Twitter a refusé de commenter l’affaire et n’a pas répondu aux questions sur l’influence de l’Arabie saoudite sur le réseau social, détenu à hauteur de 5% par le milliardaire saoudien Alwaleed bin Talal. Le jugement en appel peut être contesté dans les 30 jours devant la Cour suprême. 

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