Tunisie : un rapport dénonce des violations des droits humains sur tout le territoire
Le 18 mars, l’ONG tunisienne Intersection a rendu public un rapport recensant des atteintes aux droits humains constatées sur l’ensemble du territoire tunisien entre 2025 et 2026. L’étude recense 285 cas touchant notamment la liberté d’expression, le droit de manifester, mais aussi les droits environnementaux, syndicaux et les libertés individuelles, des faits que l’auteur juge trop souvent passés sous silence.

La présentation s’est tenue au siège du syndicat national des journalistes. Selon Idriss Sebaï, chercheur au sein d’Intersection, les régions de l’intérieur sont particulièrement négligées et beaucoup de victimes abandonnent leurs démarches. Il évoque un mélange d’ignorance de la gravité des faits et de crainte à l’idée d’affronter les autorités ou le système judiciaire, qui explique en partie le faible nombre de signalements aboutis.
Pour ne pas se contenter d’un simple inventaire, l’association a annoncé le lancement d’un outil numérique destiné à archiver ces dossiers. Sofia Sfaxi, également chercheuse au sein d’Intersection, présente cette initiative comme un moyen de rompre avec l’impunité en laissant une trace structurée des violations.
La difficulté du contexte est apparue lors de la conférence de presse : aucune personne s’est présentée pour témoigner publiquement, un silence parlant sur les risques et les réticences à s’exposer.
Une cartographie pour documenter et rendre visibles les cas
La carte interactive que veut mettre en place Intersection doit servir de base de données publique pour centraliser les affaires signalées et faciliter leur suivi par les acteurs de la société civile, les journalistes et les chercheurs. L’objectif affiché est de mieux documenter les faits afin de peser contre l’absence de sanctions.
Intervenant sur l’état du pays, la chercheuse insiste sur la montée d’un climat politique de plus en plus contraignant pour les libertés fondamentales, où, selon elle, les responsables d’abus échappent souvent à toute sanction. L’outil d’Intersection s’inscrit donc dans une stratégie de défense des droits et de protection de la dignité des victimes malgré la dégradation constatée.
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