Tunisie : au moins 11 manifestants arrêtés après une marche pour Soumoud
Au moins 11 personnes ayant participé à une marche de soutien aux membres détenus de la Flottille Soumoud ont été arrêtées en Tunisie après la mobilisation organisée samedi 19 septembre à Tunis. Des avocats représentant plusieurs personnes interpellées et des collectifs militants ont fait état lundi de ces arrestations.

Le nombre exact reste incertain. L’avocat Ghassen Besbes en recense 11, tandis que des militants évoquent 13 personnes maintenues en garde à vue. Un autre avocat, Fedy Snene, a indiqué qu’un juge avait prolongé leur détention de 48 heures et que les interrogatoires avaient notamment porté sur les slogans scandés pendant la marche. Les autorités tunisiennes n’avaient pas publié de bilan officiel lundi soir.
L’Union générale tunisienne du travail, l’Ordre national des avocats de Tunisie et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme ont réagi dans un communiqué conjoint. Les trois organisations demandent la libération des personnes arrêtées et mettent en garde contre le recours aux réponses sécuritaires et judiciaires pour traiter les conflits politiques et sociaux. Elles réclament aussi le respect du droit aux rassemblements pacifiques et des garanties pour l’intégrité physique des détenus.
Plusieurs centaines de personnes avaient défilé samedi dans le centre de Tunis pour réclamer la libération de quatre membres de la coordination tunisienne de la Flottille Soumoud. Le cortège, parti du siège du Syndicat national des journalistes tunisiens, réunissait notamment des organisations syndicales, des avocats et des associations de défense des droits humains.
Wael Naouar, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi sont détenus depuis mars dans le cadre d’une enquête portant sur des infractions financières présumées liées à des fonds collectés autour de la flottille. Le 11 septembre, un juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier a prolongé leur détention provisoire de quatre mois. Les faits qui leur sont reprochés restent au stade de l’enquête.
La coordination de défense indiquait lundi que Wael Naouar observait son 37e jour de grève de la faim et que les trois autres détenus en étaient à leur douzième jour. Les organisations signataires du communiqué ont demandé qu’un suivi médical leur soit garanti conformément aux règles applicables aux personnes détenues.
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