Togo : Novissi peut-il résoudre la pauvreté
Des organisations de la société civile, des journalistes et des opposants accusent, depuis plusieurs années, les autorités togolaises de manifester un manque de considération pour l’intelligence et les choix des citoyens, au point d’affecter la gouvernance, la transparence financière et les dispositifs d’aide sociale comme Novissi, programme de transferts monétaires évalué à 25 000 francs CFA par bénéficiaire.

Des organisations de la société civile, des journalistes et des opposants accusent, depuis plusieurs années, les autorités togolaises de manifester un manque de considération pour l’intelligence et les choix des citoyens, au point d’affecter la gouvernance, la transparence financière et les dispositifs d’aide sociale comme Novissi, programme de transferts monétaires évalué à 25 000 francs CFA par bénéficiaire.
Ces critiques, relayées notamment par le site Sikaajournal, mettent en avant des comportements jugés centralisateurs : décisions publiques prises sans consultation large, ouverture du commerce et de l’industrie à des opérateurs étrangers au détriment d’acteurs nationaux, et absence d’une reddition de comptes claire sur la gestion des deniers publics.
Parmi les griefs formulés figure également la mise en place d’une nouvelle Constitution dite « Cinquième République » sans consultation populaire généralisée, et le fait que le chef de l’État, Faure Gnassingbé, aurait, selon les mêmes sources, très peu entretenu de relations directes avec les médias nationaux durant ses deux décennies au pouvoir.
Critiques autour des politiques sociales et de la gouvernance
Le programme Novissi, présenté par les autorités comme un filet de sécurité sociale, est au cœur des débats. Les observateurs interrogés par la presse et les acteurs associatifs estiment que le versement d’une somme forfaitaire de 25 000 francs CFA par foyer ne suffit pas à compenser des problèmes structurels liés au chômage, à l’accès limité aux services publics et à l’absence de mesures durables d’accompagnement économique.
Selon ces voix critiques, qui rassemblent journalistes, militants et représentants d’associations, Novissi est perçu moins comme une solution de sortie de pauvreté que comme un mécanisme permettant de gérer à court terme les conséquences d’un délabrement économique et social. Elles soulignent l’absence d’un suivi systématique, de programmes de formation ou d’appui à l’investissement local qui permettraient de transformer ces aides ponctuelles en leviers de développement.
Plusieurs organisations de défense des droits et de la transparence pointent également des restrictions aux libertés publiques : contrôles accrus des manifestations, intimidations et interventions policières qualifiées de violentes par des témoins et des ONG. Ces interventions sont parfois présentées par les autorités comme des mesures d’ordre public ou d’« éducation civique », formule contestée par les opposants.
Sur le plan institutionnel, la critique porte sur le manque de transparence budgétaire et d’accès à l’information. Des demandeurs d’audits publics et de publications régulières des comptes de l’État jugent ces pratiques nécessaires pour établir la confiance entre les responsables et la population.
Enfin, des analystes et acteurs de terrain interrogés insistent sur la nécessité d’un dialogue inclusif impliquant les communautés, les organisations professionnelles et la société civile pour définir des politiques économiques et sociales. Ces intervenants demandent la publication des données relatives aux programmes d’aide et la mise en place d’indicateurs permettant d’évaluer l’impact réel des mesures mises en œuvre
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