Togo : Le marketing social stimule la vaccination à Bomwaï
Dans le canton de Kétao, au nord du Togo, le village de Bomwaï illustre les premiers résultats d’une stratégie de marketing social mise en place par le Gouvernement togolais avec l’appui de l’UNICEF et le soutien financier de GAVI. L’approche vise à repérer et vacciner les enfants dits « zéro dose » et ceux sous‑vaccinés en mobilisant des agents de santé communautaires choisis et formés par les populations locales, qui vont au contact direct des familles pour vérifier les carnets de vaccination et orienter vers des séances programmées.

Dans le canton de Kétao, au nord du Togo, le village de Bomwaï illustre les premiers résultats d’une stratégie de marketing social mise en place par le Gouvernement togolais avec l’appui de l’UNICEF et le soutien financier de GAVI. L’approche vise à repérer et vacciner les enfants dits « zéro dose » et ceux sous‑vaccinés en mobilisant des agents de santé communautaires choisis et formés par les populations locales, qui vont au contact direct des familles pour vérifier les carnets de vaccination et orienter vers des séances programmées.
Contrairement aux campagnes de masse classiques, le marketing social mis en œuvre à Kétao privilégie la proximité, l’écoute et la confiance entre les équipes de santé et les ménages. Les agents de santé communautaires (ASC) effectuent des visites domiciliaires pour contrôler les carnets, expliquer les calendriers vaccinaux et expliquer les effets et bénéfices des vaccins, afin de lever les réticences et faciliter l’accès aux services de santé.
Parmi ces ASC, Demon Abdou travaille à Bomwaï depuis septembre 2025. Il décrit des sorties de terrain qui peuvent durer plusieurs heures et nécessiter des passages répétés au même foyer : certains parents partent tôt aux champs et ne sont pas présents lors de la première visite. Les ASC consignent les informations recueillies et orientent les familles vers les formations sanitaires locales.
Coordination numérique et mobilisation communautaire pour des séances de rattrapage
Lorsque les ASC identifient un enfant ayant manqué une dose, ils transmettent les données au centre de santé de Kétao via l’application KoboCollect. L’information permet aux responsables sanitaires de planifier des journées de vaccination ciblées et de mobiliser les familles concernées. Selon les agents, cette coordination entre la communauté et le système de santé facilite l’organisation logistique des séances et la traçabilité des enfants à rattraper.
Le chef du village, Saliou Soulemane, rapporte des effets concrets au plan local : plusieurs enfants qui auparavant n’étaient pas vaccinés ont pu recevoir les doses manquantes après les visites des ASC. Des mères de famille interrogées ont salué cette démarche, estimant qu’elle a rendu plus accessibles les services de vaccination et permis une meilleure compréhension des calendriers vaccinaux.
Sur le plan opérationnel, les ASC reçoivent une motivation mensuelle de 8 000 francs CFA, versée par le dispositif de soutien, mais plusieurs agents signalent des retards de paiement. Demon Abdou, qui exerce par ailleurs comme agriculteur, affirme consacrer une part importante de son temps à ces activités communautaires et décrit cette implication comme un sacrifice pour sa commune.
Les agents de terrain expliquent que l’absence de versement des montants prévus crée des tensions pratiques pour la poursuite régulière des visites et la tenue des activités de mobilisation ; ils indiquent ne pas avoir perçu leurs sommes dues depuis près de trois mois.
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