Tchad : lancement de trois centrales hybrides solaire-diesel de 4,8 milliards FCFA à Bongor, Bol et Biltine
Le 17 février 2026, le gouvernement du Tchad a lancé à Bongor la construction de trois centrales hybrides solaire-diesel dotées de systèmes de stockage par batteries, un projet financé à hauteur d’environ 4,8 milliards de francs CFA par la Banque africaine de développement et destiné à améliorer l’alimentation électrique des villes secondaires de Bongor, Bol et Biltine.

Le 17 février 2026, le gouvernement du Tchad a lancé à Bongor la construction de trois centrales hybrides solaire-diesel dotées de systèmes de stockage par batteries, un projet financé à hauteur d’environ 4,8 milliards de francs CFA par la Banque africaine de développement et destiné à améliorer l’alimentation électrique des villes secondaires de Bongor, Bol et Biltine.
Selon le ministère de l’Eau et de l’Énergie, l’installation prévue à Bongor comprendra 2 MWc de capacité photovoltaïque, 2 MW de production thermique et un stockage de 1 MWh. Les sites de Bol et Biltine seront chacun équipés d’unités d’1 MWc solaire, 1 MW thermique et de batteries de 0,5 MWh. Ces solutions hybrides associent production solaire et groupes diesels existants pour assurer une continuité d’approvisionnement en cas de variabilité de l’irradiation.
Le marché a été attribué à l’entreprise tunisienne Tragedel, à qui a été imparti un délai contractuel d’exécution de douze mois pour la mise en service des installations. Le calendrier et les montants précis des tranches de paiement sont supervisés par le ministère concerné, qui a fourni les caractéristiques techniques lors de l’annonce officielle à Bongor.
Contexte national et enjeux de l’électrification
Ce chantier s’inscrit dans le cadre plus large du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », présenté en 2025, et des orientations du ministère des Finances, du Budget, de l’Économie et du Plan. Les autorités ont indiqué leur intention de mobiliser 1,1 milliard de dollars pour accélérer l’électrification d’ici 2030. Le programme vise un taux d’accès à l’électricité de 60 % et prévoit l’ajout de 866 MW de capacité, dont 520 MW issus de la filière solaire.
Le secteur électrique tchadien reste cependant fortement dépendant des centrales thermiques alimentées par des carburants fossiles, dont la production est majoritairement concentrée dans la capitale et quelques grands centres urbains. Les projets de centrales hybrides visent à diversifier le mix énergétique et à limiter, selon le gouvernement, la dépendance aux combustibles fossiles tout en contribuant à contenir le coût de l’électricité.
Les observations sectorielles et les données de la Banque mondiale soulignent l’ampleur du défi : l’accès à l’électricité est estimé à seulement 6 % de la population nationale, un taux qui chute entre 1 % et 2 % en milieu rural. Les nouvelles installations à Bongor, Bol et Biltine ciblent des agglomérations secondaires où l’offre électrique demeure limitée, avec l’objectif déclaré d’améliorer la fiabilité et la répartition territoriale de l’énergie.
Outre la construction et l’intégration des équipements, les autorités devront assurer la maintenance des systèmes hybrides et la gestion du stockage afin de maximiser l’utilisation de l’énergie solaire injectée sur ces réseaux locaux. Le renforcement des capacités locales pour l’exploitation et la maintenance figure parmi les enjeux techniques et opérationnels cités par les interlocuteurs du ministère
Articles liés
Bénin: l’ARMP frappe fort contre la fraude dans les Marchés publics
Côte d’Ivoire et Nigeria : La BERD injecte 70 millions d’euros dans l’agriculture
Cameroun : Plan d’émissions étalées et consultation des investisseurs pour mobiliser 400 milliards FCFA en 2026
Cameroun : les défaillances de la numérisation au port de Douala‑Bonabéri favorisent les paiements informels