Tchad : la frappe de drone venue du Soudan a fait 19 morts, l’armée placée en alerte maximale
Un appareil sans pilote en provenance du Soudan a frappé la localité frontalière de Tiné le 18 mars 2026, causant la mort de 19 personnes et en blessant une dizaine, d’après des bilans locaux obtenus le matin du 19 mars.

La frappe est survenue en fin d’après‑midi sur une place funéraire au nord de Tiné, où des membres d’une même famille étaient rassemblés pour une veillée et la rupture du jeûne du ramadan. Plusieurs témoins ont fait état d’un bilan lourd parmi les civils présents.
La zone visée se trouve à quelques centaines de mètres seulement de la frontière soudanaise, ce qui alimente les interrogations : s’agit‑il d’un ciblage erroné ou d’une opération destinée à exacerber un conflit déjà ravivé côté soudanais ? Les combats menés au Darfour occidental par les Forces de soutien rapide (FSR) et d’autres groupes alliés ont provoqué des franchissements de frontières et des incidents en territoire tchadien.
Le gouvernement tchadien a pour l’heure annoncé l’ouverture d’enquêtes sans attribuer formellement la responsabilité. Après un conseil de défense tenu mercredi soir, la présidence a mis en garde contre toute tentative d’importer le conflit sur le sol tchadien, accusant implicitement les parties en présence côté soudanais.
Déploiement des autorités et réactions nationales et internationales
Le président Mahamat Idriss Déby a demandé que les forces armées soient maintenues au plus haut niveau d’alerte et ordonné la fermeture de près de 1 400 kilomètres de la frontière avec le Soudan, des mesures assorties d’exceptions pour les organisations humanitaires et l’accueil des personnes fuyant les combats.
Les ministres en charge de la Défense et de la Sécurité ainsi que le chef d’état‑major étaient attendus sur place ce matin pour constater la situation. Le porte‑parole du gouvernement a par ailleurs indiqué que l’armée se réserve le droit de riposter et de poursuivre les auteurs de l’attaque.
Côtés soudanais, les factions s’accusent mutuellement. Les FSR ont, via leur canal de communication, condamné ce qu’ils qualifient d’« attaque » imputée à l’armée soudanaise, tandis que des chefs de groupes armés alliés à Khartoum, dont Minni Minnawi, ont publiquement dénoncé les FSR pour le massacre de civils.
Les Nations unies, par l’intermédiaire du coordonnateur résident au Tchad François Batalingaya, ont exprimé leur vive préoccupation face à cette nouvelle offensive contre des populations civiles et ont dit prendre acte des mesures annoncées par les autorités tchadiennes.
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