Tchad : capacité électrique triplée mais les besoins nationaux restent importants

Les autorités tchadiennes affichent une progression notable de la capacité de production électrique nationale, désormais annoncée à plus de 300 MW contre moins de 100 MW début 2021, tandis que la Banque mondiale estime que seulement 6 % de la population a accès à l’électricité, et entre 1 et 2 % en milieu rural.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Economie
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Tchad : capacité électrique triplée mais les besoins nationaux restent importants
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Les autorités tchadiennes affichent une progression notable de la capacité de production électrique nationale, désormais annoncée à plus de 300 MW contre moins de 100 MW début 2021, tandis que la Banque mondiale estime que seulement 6 % de la population a accès à l’électricité, et entre 1 et 2 % en milieu rural.

Lors du lancement officiel, le 17 février 2026, des travaux de construction des centrales solaires hybrides de Bongor, Bol et Biltine, le ministère de l’Eau et de l’Énergie a détaillé ces chiffres, précisant que près de 29 % de la capacité installée proviendrait aujourd’hui d’énergies renouvelables. Le porte-parole du ministère a souligné la croissance de la puissance installée — passée d’un niveau inférieur à 100 MW à plus de 300 MW — et l’a chiffrée comme une augmentation minimale de 200 %, soit une capacité triplée depuis la prise de pouvoir en avril 2021 selon les données officielles.

Le même discours a rappelé l’existence d’un écart important entre l’offre et la demande : les besoins du pays sont évalués à environ 1 250 MW et continuent d’augmenter. Les autorités ont admis que ces avancées restent parfois peu perceptibles sur le terrain pour de nombreux citoyens, tout en affirmant l’orientation politique en faveur d’un renforcement du secteur électrique.

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Projets en cours, financements et concentration urbaine de l’offre

À N’Djamena, la production disponible est annoncée à 140 MW et des mesures sont engagées pour mettre en service 32 MW thermiques supplémentaires. Le gouvernement met en avant le projet Respite de Dinio, décrit comme la première centrale photovoltaïque du pays, qui doit produire 30 MWc et être accompagné de 60 MWh de stockage par batteries, avec des premières injections prévues pour juin 2026. Le projet bénéficie d’un financement de la Banque mondiale.

Sur le plan financier et stratégique, l’exécutif a inscrit l’électricité au cœur du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ». Le ministère des Finances, du Budget, de l’Économie et du Plan a annoncé en 2025 son intention de mobiliser 1,1 milliard de dollars pour accélérer l’électrification d’ici 2030. L’objectif chiffré du plan est d’atteindre un taux d’accès de 60 % à l’horizon 2030, via l’ajout de 866 MW de capacité, dont 520 MW d’origine solaire—plus de la moitié des capacités nouvelles envisagées.

Malgré ces annonces, le parc électrique reste largement appuyé sur des centrales thermiques fonctionnant aux combustibles fossiles et très concentré sur la capitale et quelques centres urbains. Les infrastructures actuelles ne couvrent pas la demande nationale, signe d’un déséquilibre persistant entre développement des capacités et déploiement effectif du réseau de distribution.

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La Banque mondiale continue de chiffrer l’accès à l’électricité au Tchad à 6 % de la population nationale, et à 1 à 2 % en milieu rural

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