Tabac : 5 chiffres pour comprendre la place croissante de l’Afrique sur le marché mondial

La production africaine de feuilles de tabac a augmenté de 8,61 % entre 2012 et 2024, alors que la production mondiale reculait de 18,8 % sur la même période, selon la deuxième édition du rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l’état de la production et du commerce du tabac en Afrique, publiée le 31 août 2026. Le continent a produit environ 639 130 tonnes de tabac en 2024, soit 10,8 % de la production mondiale, estimée à près de 5,9 millions de tonnes.

Ousmane Traoré Samba
Ousmane Traoré Samba
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Economie
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Tabac : 5 chiffres pour comprendre la place croissante de l’Afrique sur le marché mondial
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Cette production reste concentrée dans un nombre restreint de pays. Cinq d’entre eux – le Zimbabwe (32 %), le Malawi (17,1 %), la Tanzanie (16,2 %), le Mozambique (12,3 %) et l’Ouganda (5 %) – rassemblent à eux seuls 83 % du tabac produit sur le continent, précise le rapport. Les dix premiers pays producteurs représentent, ensemble, plus de 93 % de la production africaine.

Cette hausse s’accompagne d’un déséquilibre persistant dans la chaîne de valeur, relève l’OMS. Le continent exporte l’essentiel de sa production sous forme de matière première brute, les feuilles de tabac non transformées, dont la valeur à l’exportation est passée de 1,88 milliard de dollars en 2012 à 2,37 milliards de dollars en 2024, soit une hausse de 25,6 %.

Dans le même temps, les importations africaines de cigarettes manufacturées ont plus que doublé en valeur, passant de 833 millions de dollars en 2012 à 1,77 milliard de dollars en 2024, selon les mêmes données. L’Afrique exporte donc majoritairement de la matière première avant d’importer les produits transformés qui en sont issus.

Une culture qui concurrence les terres vivrières

L’OMS souligne également que l’essor de la culture du tabac se fait souvent au détriment de terres, d’eau et d’autres ressources auparavant consacrées aux cultures vivrières, entraînant dégradation des sols, déforestation et émissions de gaz à effet de serre. L’organisation relève par ailleurs que des enfants issus de ménages pauvres manquent l’école pour travailler dans les champs de tabac afin de compléter les revenus du foyer, une pratique qui compromet leur scolarité et les expose à des risques sanitaires, dont la « maladie du tabac vert » provoquée par l’absorption cutanée de nicotine à travers les feuilles humides, ainsi qu’aux pesticides utilisés lors de la culture et du traitement.

Le rapport, qui s’appuie sur des données disponibles jusqu’en 2024, est le second du genre publié par l’agence onusienne sur ce sujet. Il documente une chaîne de valeur où les pays africains producteurs continuent de capter une faible part des revenus générés en aval, la transformation et la commercialisation des produits finis restant largement concentrées hors du continent.

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