Surya Bonaly : dans les vestiaires, le podcast révèle le vrai visage de la « génie du patin »

La victoire olympique d’Alysa Liu en 2026 et la diffusion d’images d’archives ont ravivé l’attention sur l’héritage de Surya Bonaly, figure majeure et controversée du patinage artistique des années 1990. À 20 ans, Liu a bousculé la hiérarchie mondiale ; dans le même temps, le parcours de Bonaly est revenu sous les projecteurs, rappelant l’impact durable d’une athlète qui a souvent défié les règles établies.

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Surya Bonaly : dans les vestiaires, le podcast révèle le vrai visage de la « génie du patin »
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La victoire olympique d’Alysa Liu en 2026 et la diffusion d’images d’archives ont ravivé l’attention sur l’héritage de Surya Bonaly, figure majeure et controversée du patinage artistique des années 1990. À 20 ans, Liu a bousculé la hiérarchie mondiale ; dans le même temps, le parcours de Bonaly est revenu sous les projecteurs, rappelant l’impact durable d’une athlète qui a souvent défié les règles établies.

Adoptée bébé et élevée sur la Côte d’Azur, Surya Bonaly s’illustre très jeune par une polyvalence sportive — gymnastique, danse et plongeon — avant de se consacrer à la glace. Sa patinoire devient le terrain d’une patiente construction technique : vitesses accrues, enchaînements originaux et un saut devenu signature, le salto arrière réceptionné sur un pied, connu depuis sous le nom de « Bonaly ». Ce mouvement, longtemps banni par les instances, est entré dans l’histoire du sport autant par sa dimension athlétique que par le débat qu’il suscite.

Palmarès et reconnaissance se mêlent à des frustrations tenaces : cinq fois championne d’Europe et neuf fois championne de France, Surya Bonaly est considérée comme la première patineuse noire à s’imposer à ce niveau européen et national. Malgré ces succès, l’or mondial lui échappe à plusieurs reprises — elle termine vice-championne du monde à trois reprises — et ses prestations ont souvent été jugées sur des critères techniques et esthétiques qui ont alimenté des discussions sur la place des profils atypiques dans la discipline.

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Des images, un podcast et l’héritage d’une athlète hors norme

Le 13 février 2026, l’émission 20h30 le dimanche a diffusé des images des championnats du monde 1994 à Chiba montrant Surya Bonaly lors de sa prestation pour le titre mondial. Sur ces archives, la patineuse apparaît concentrée et émotive ; sur le podium, elle enlève sa médaille d’argent, geste commenté et qualifié plus tard par Philippe Candeloro d’« acte de vérité ». Ces séquences ont rouvert le débat sur les conditions dans lesquelles certains jugements sportifs ont été rendus à l’époque.

Quatre ans après Chiba, aux Jeux olympiques de Nagano en 1998, Surya Bonaly, déjà blessée et reléguée hors du podium, réalise en exhibition le salto arrière interdit, geste perçu comme une provocation et un manifeste technique. Le mouvement a depuis évolué dans les règlements : en 2024, l’exécution de ce type de figure reçoit une reconnaissance différente de la part des instances, et en 2026 le patineur Ilia Malinin le réussit lors des Jeux olympiques, illustrant l’évolution technique du sport.

Le podcast Surya Bonaly, le génie du patin, produit par Radio France, revient sur les sacrifices et la trajectoire de la championne. Des témoignages y décrivent des débuts difficiles — des semaines passées à dormir dans une camionnette avec sa mère devant la patinoire — et des entraînements quotidiens longs et intensifs, parfois jusqu’à sept heures par jour. Ces éléments éclairent la détermination requise pour se maintenir au plus haut niveau dans un milieu exigeant.

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À 52 ans, Surya Bonaly vit à Las Vegas où elle enseigne et transmet son expérience aux nouvelles générations. Son nom reste présent dans les discussions du milieu du patinage, relancé par les victoires récentes et la mise en lumière d’archives qui rappellent son rôle dans l’évolution du sport.

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