Sophie Marceau : « On ne me proposait que des rôles à poil »
Sophie Marceau, 59 ans, évoque sans détour le sexisme et l’âgisme qui traversent le cinéma français lors d’une interview accordée à Brut, à quelques semaines de la sortie du deuxième volet de LOL. L’actrice, figure emblématique du septième art national, décrit les pressions subies par les femmes — interrogations permanentes sur l’âge, le corps et la beauté — et livre des phrases fortes sur la manière dont ces injonctions ont encadré sa carrière.

Sophie Marceau, 59 ans, évoque sans détour le sexisme et l’âgisme qui traversent le cinéma français lors d’une interview accordée à Brut, à quelques semaines de la sortie du deuxième volet de LOL. L’actrice, figure emblématique du septième art national, décrit les pressions subies par les femmes — interrogations permanentes sur l’âge, le corps et la beauté — et livre des phrases fortes sur la manière dont ces injonctions ont encadré sa carrière.
Invitée sur le plateau de Brut, Sophie Marceau a dit ressentir une réduction systématique de la femme à des questions esthétiques et chronologiques : « quel âge vous avez ? Comment va votre corps ? », s’est-elle interrogée, précisant qu’il s’agit « d’un point de vue esthétique, pas ce qui se passe à l’intérieur ». Elle a qualifié ce rapport au temps et à la beauté d’omniprésent, une réalité qu’elle illustre par une image : « On est une rose et puis on fane… ».
L’actrice ne présente pas pour autant le vieillissement uniquement comme un combat : elle parle aussi d’acceptation et d’un élargissement possible des rôles et de la perception de soi. « Pour moi, plus on est vieux, plus on a tous les âges », a-t-elle expliqué, ajoutant que la mémoire des différentes étapes de la vie permet, dans sa tête, de passer d’un âge à un autre même si le corps ne suit plus physiquement. Ces réflexions s’inscrivent dans le contexte de son retour au cinéma avec le film attendu, tout en interrogeant les pratiques de casting et la représentation des femmes à l’écran.
La jeunesse, un autre piège pour les actrices
Au-delà de l’âgisme, Sophie Marceau pointe également les contraintes liées à la jeunesse, qui peuvent être tout aussi réductrices. Elle raconte qu’à vingt ans, les propositions de rôles étaient souvent centrées sur son apparence corporelle : « Quand j’avais 20 ans on ne me proposait que des rôles où je devais être à poil et où je devais faire des trucs que je n’avais pas envie de faire. Ça a duré longtemps », a-t-elle déclaré.
Ces confidences mettent en lumière une double injonction : être jeune et désirable tout en répondant à des attentes esthétiques souvent intrusives. Sophie Marceau explique que ces pressions prennent différentes formes au fil du temps — des questions sur la ménopause à celles sur la manière dont on traverse les décennies — et qu’elles perpétuent une focalisation sur l’apparence plutôt que sur le travail d’actrice.
Pour l’artiste, le rapport au temps comporte aussi une dimension de liberté intérieure : la capacité à convoquer les âges vécus dans l’interprétation et la conscience d’une expérience accumulée. Elle précise toutefois son souhait de ne plus être soumise à certaines sollicitations liées au genre et à l’image : « Je préfère qu’on me foute la paix maintenant. On va toujours vous demander beaucoup de choses parce que vous êtes femme et qu’on attend beaucoup de vous. »
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