Sénégal : les Premières dames visées par des critiques pour la Fondation nationale Sénégal solidaire
Au Sénégal, les épouses du président ont officiellement lancé, mercredi 8 avril 2026, une nouvelle structure philanthropique baptisée Fondation nationale Sénégal solidaire. Cette initiative vise à porter des actions dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’autonomisation des femmes.

La naissance de la fondation a été marquée par la pose de la première pierre d’un centre de dépistage des cancers. Créée par décret présidentiel en octobre 2025, elle s’inscrit dans un cadre institutionnel voulu par l’exécutif.
Marie Khone Faye, l’une des deux Premières dames, a présenté l’initiative comme un projet dédié au bien public et à l’accompagnement des populations. Cette lecture officielle n’a toutefois pas convaincu tous les observateurs.
Des critiques se sont rapidement fait entendre, dénonçant notamment un manque de transparence et une approximation avec la promesse de « rupture » formulée par le président Bassirou Diomaye Faye. Une partie de l’opposition interne au mouvement politique initial du chef de l’État a exprimé son désaccord.
Polémiques, accusations et défenses
Parmi les voix critiques, le député Guy Marius Sagna a fustigé ce qu’il considère comme un retour à des pratiques anciennes, estimant que la création d’une telle structure donne l’impression d’un enrichissement au profit du cercle familial plutôt que d’un service rendu au peuple.
Du côté de la fondation, Amadou Dramé, administrateur, a défendu l’idée d’un complément au budget public : la structure doit mobiliser des financements extérieurs là où les moyens de l’État sont insuffisants. Selon lui, la fondation pourra agir avec une souplesse que n’autorisent pas toujours les procédures administratives, souvent longues et contraignantes.
Pour tenter de répondre aux préoccupations sur l’opacité, les responsables annoncent la mise en place de dispositifs de contrôle — un conseil de fondation, une cellule de contrôle interne et la nomination de commissaires aux comptes chargés de vérifier la gestion financière.
Articles liés
Gabon : Naufrage de l’« Esther Miracle » — le parquet requiert les peines maximales
Cameroun : l’ONU demande la libération de Marafa Hamidou Yaya, détenu depuis 14 ans
En Centrafrique, les agents d’une mairie en grève illimitée pour 12 mois d’arriérés de salaire
Madagascar : la société civile maintient la pression après le rapport de la Cour des comptes