Sénégal : les arriérés de bourses non payés font encore monter la tension à l’université Cheikh-Anta-Diop

Au Sénégal, la tension est de nouveau montée d’un cran à l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, où des milliers d’étudiants dénoncent des arriérés de bourses non payés, parfois accumulés sur plus de 13 mois. Une situation jugée insoutenable par les étudiants, qui a donné lieu à de violentes manifestations début février 2026.

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Société
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Sénégal : les arriérés de bourses non payés font encore monter la tension à l’université Cheikh-Anta-Diop
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Au Sénégal, la tension est de nouveau montée d’un cran à l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, où des milliers d’étudiants dénoncent des arriérés de bourses non payés, parfois accumulés sur plus de 13 mois. Une situation jugée insoutenable par les étudiants, qui a donné lieu à de violentes manifestations début février 2026.

Les protestations ont connu un pic le 6 février 2026, avec des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Jets de pierres, usage de gaz lacrymogènes et blocages des accès au campus ont marqué cette journée de tensions. Visiblement à bout, certains étudiants ont tenté d’accéder gratuitement aux restaurants universitaires, dénonçant une situation de précarité alimentaire.

Ces tentatives ont entraîné la fermeture temporaire des restaurants, les autorités universitaires évoquant des actes de vandalisme. Les représentants des étudiants assurent toutefois que le mouvement est strictement apolitique, motivé uniquement par la détresse sociale et financière des apprenants.

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Une crise qui dépasse l’UCAD

Initialement concentrée à Dakar, la contestation s’étend progressivement à d’autres établissements. Des mouvements de protestation ont été signalés à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, confirmant le caractère national de la crise des bourses étudiantes. Cette généralisation des tensions illustre un malaise profond dans le système d’aide sociale aux étudiants, pilier central de l’accès à l’enseignement supérieur au Sénégal.

Les retards de paiement s’expliquent par une combinaison de facteurs administratifs et budgétaires. Selon les autorités et les étudiants, les inscriptions tardives, souvent finalisées en janvier ou février alors que l’année universitaire débute en octobre, bloquent la validation des dossiers de bourse.

À cela s’ajoutent des problèmes de bancarisation : erreurs de numéros de compte, doublons, ou emprunts de RIB, qui ralentissent les virements. Ces dysfonctionnements touchent particulièrement les étudiants en master, dont les bourses sont les plus affectées par les retards.

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Sur le plan financier, l’État fait face à un contexte budgétaire tendu, avec des arriérés accumulés sur plusieurs exercices. Le principe de l’annualité budgétaire, combiné aux délais interbancaires, contribue à décaler les paiements, parfois de plusieurs mois.

Les réponses de l’État sous le feu des critiques

Face à la grogne, le gouvernement sénégalais a annoncé avoir débloqué plus de 38 milliards de FCFA fin 2025 pour apurer une partie des arriérés. Des paiements exceptionnels, compris entre 115 000 et 300 000 FCFA, ont ainsi été versés début 2026 à 12 238 étudiants considérés comme retardataires.

En décembre 2025, ces annonces avaient conduit à une suspension temporaire de la grève étudiante, laissant espérer une sortie de crise. Mais sur le terrain, de nombreux étudiants affirment n’avoir toujours rien perçu.

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Les autorités proposent désormais un échelonnement des paiements jusqu’en novembre 2026, une option rejetée par les manifestants, qui exigent un règlement immédiat des arriérés.

Pour de nombreux observateurs, la situation actuelle à l’UCAD révèle une fragilité structurelle du système de gestion des bourses. Les grèves répétées perturbent également le fonctionnement de la Direction des bourses, ralentissant encore le traitement des dossiers et alimentant un cercle vicieux.

En l’absence d’un accord définitif entre les autorités et les représentants étudiants, la crise risque de perdurer, avec des conséquences sur le calendrier académique et la stabilité sociale dans les universités sénégalaises.

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