Sénégal : le ministère revoit à 2,5% la croissance prévue pour 2026, très inférieure à 2025
Le gouvernement sénégalais revoit nettement à la baisse ses perspectives de croissance pour 2026. Dans un rapport d’une quarantaine de pages intitulé « Développements économiques récents et perspectives », le ministère de l’Économie table désormais sur une progression du produit intérieur brut de 2,5 %, loin des 6,7 % enregistrés en 2025.

Cette révision découle en grande partie d’un recul attendu des recettes issues des hydrocarbures. Après une année 2025 marquée par une exploitation soutenue du gisement de Sangomar, situé au large des côtes sénégalaises, la production de ce champ est attendue en baisse pour 2026, ce qui pèse directement sur les perspectives macroéconomiques.
Le poids du pétrole dans les comptes nationaux explique pourquoi la contraction de la production énergétique entraîne un ralentissement général : l’économie reste fortement dépendante de ces recettes, et leur diminution se traduit par une moindre dynamique de croissance hors secteurs extractifs.
Moins de croissance signifie aussi des rentrées fiscales amoindries. Le rapport du ministère chiffre la baisse des recettes à environ 9 % par rapport aux prévisions initiales, soit un manque à gagner estimé à près de 500 milliards de francs CFA (environ 762 millions d’euros) pour l’État.
Un ajustement sévère mais jugé « plus réaliste »
Dans un contexte de dette publique lourde — la dette totale ayant atteint 113 % du PIB fin 2025 selon les chiffres cités — cet abaissement des prévisions est douloureux pour les finances publiques. Des observateurs estiment cependant que les nouvelles projections sont plus proches de la réalité que les estimations antérieures.
Le Fonds monétaire international annonçait pour sa part une prévision de croissance à 3 %, une estimation mieux alignée sur ce recentrage, et qui pourrait faciliter la reprise du dialogue entre Dakar et ses partenaires financiers.
Une rencontre entre une délégation du FMI et le ministre des Finances, Cheikh Diba, est programmée à Washington le lundi 13 avril 2026, selon le calendrier évoqué dans le rapport, mettant fin à plusieurs mois de silence sur ces dossiers.
Les autorités sénégalaises doivent, en parallèle, composer avec des niveaux d’endettement encore plus élevés si l’on intègre les engagements du secteur public et parapublic, évalués à 132 % du PIB à la fin de 2024. Par ailleurs, le gouvernement actuel reproche à l’ancien pouvoir d’avoir dissimulé une part de la dette et d’avoir sous-estimé certains indicateurs budgétaires.
Sur la base de ces révélations et demandes d’éclaircissements, le FMI a suspendu le programme d’assistance conclu en 2023, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, en attendant des engagements précis et des réponses des nouvelles autorités.


