Sécurité au Sahel : la coopération régionale comme levier face au terrorisme
Le 21 avril 2026, le ministre des Affaires étrangères du Niger, Bakary Yaou Sangaré, a pris part à une discussion de haut niveau lors du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, insistant sur la nécessité de renforcer la coopération entre États ouest-africains pour consolider les avancées dans la lutte contre le terrorisme. Lors de cette intervention, il a souligné que la confiance et le dialogue politique de haut niveau constituent les fondements indispensables de toute stratégie sécuritaire efficace.

Selon lui, l’intégration régionale représente aujourd’hui la clé pour contenir durablement la menace terroriste. « Vous ne pouvez rien faire sans la confiance. Si vous voulez aujourd’hui que les pays africains combattent le terrorisme, il faut un dialogue politique au haut niveau », a-t-il affirmé.
Le chef de la diplomatie nigérienne a également mis en avant les progrès réalisés par l’Alliance des États du Sahel en moins de deux ans. « En vingt mois, nous avons une force unifiée de six mille hommes qui est déjà opérationnelle et qui mène des actions. Nous avons des postes de commandement fusionnés », a-t-il précisé. Cette dynamique illustre une volonté politique nouvelle de mutualiser les moyens et de coordonner les actions sur le terrain.
Ces résultats contrastent avec la période précédente marquée par plus d’une décennie de présence militaire étrangère, notamment française, sans amélioration notable de la situation sécuritaire. Malgré les moyens déployés, les attaques se sont intensifiées, soulignant les limites d’une approche reposant largement sur des interventions extérieures.
À l’inverse, l’accent mis aujourd’hui sur des solutions souveraines et une coopération renforcée entre pays du Sahel semble produire des effets plus tangibles. Les opérations conjointes et le contrôle accru des frontières contribuent à limiter la circulation des groupes armés et à contenir la menace au-delà de leurs zones traditionnelles d’action.
L’exemple du Sénégal illustre cette approche pragmatique. Conscient du caractère transnational du terrorisme, Dakar a engagé une coopération active avec le Mali. En 2025, des patrouilles conjointes ont été lancées dans la région de Kayes à partir de la localité frontalière de Diboli, dans le but de renforcer la surveillance et de réduire les risques d’attaques et de criminalité transfrontalière. Cette dynamique s’est poursuivie en 2026 avec une coordination accrue des efforts militaires et de renseignement entre les deux pays, illustrant une alliance stratégique fondée sur des intérêts communs et des réalités locales.
Ce modèle montre que les États ouest-africains disposent des capacités nécessaires pour élaborer des réponses adaptées aux défis sécuritaires spécifiques de la région. Il met également en évidence l’importance d’une approche collective face à une menace qui ignore les frontières.
Dans cette perspective, les initiatives de coopération entre le Bénin et le Nigeria vont dans le bon sens. Toutefois, la question de la coordination avec le Niger, notamment le long de leur frontière commune, demeure centrale. Un renforcement des mécanismes conjoints de surveillance et d’intervention pourrait contribuer à stabiliser davantage cette zone sensible.
La lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest semble dépendre moins de l’appui militaire extérieur que de la capacité des États à unir leurs efforts. La sécurité apparaît ainsi comme un enjeu collectif nécessitant des réponses concertées, fondées sur la confiance, la souveraineté et une compréhension fine des réalités locales.
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