Sahel : l’insécurité transfrontalière entrave la mobilité pastorale

Dans le Sahel, les transhumances traditionnelles sont de plus en plus entravées par une insécurité grandissante liée aux groupes armés et aux vagues de vols de bétail. Les éleveurs, dont le mode de vie repose sur la mobilité des troupeaux, subissent aujourd’hui des pertes matérielles et des risques accrus pour leur sécurité personnelle.

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Sahel : l’insécurité transfrontalière entrave la mobilité pastorale
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Dans le Sahel, les transhumances traditionnelles sont de plus en plus entravées par une insécurité grandissante liée aux groupes armés et aux vagues de vols de bétail. Les éleveurs, dont le mode de vie repose sur la mobilité des troupeaux, subissent aujourd’hui des pertes matérielles et des risques accrus pour leur sécurité personnelle.

Ces atteintes à la sécurité ont des conséquences immédiates : départs forcés, effondrement des revenus pastoraux et perturbation des échanges entre zones de pâturage. Au-delà des dommages économiques, la rupture des itinéraires de déplacement fragilise les équilibres écologiques et alimentaires dans plusieurs pays de la région.

Face à cette situation, la question se pose : comment maintenir la circulation des troupeaux, élément central de la résilience pastorale, sans exposer davantage les communautés à la violence ? Les solutions doivent à la fois protéger les personnes et préserver les dynamiques agropastorales millénaires.

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Pour en débattre et proposer des pistes opérationnelles, Abdoulaye Mohamadou, secrétaire exécutif du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) — institution pivot pour la gestion du pastoralisme — était l’invité de l’émission Afrique Midi.

Voies possibles pour garantir la mobilité et la sécurité des pasteurs

Renforcer la sécurité locale en impliquant les communautés apparaît comme une priorité : appuyer des dispositifs de surveillance participative, améliorer le renseignement communautaire et organiser des patrouilles coordonnées avec les forces nationales peuvent réduire les opportunités de pillage tout en limitant les confrontations.

La protection et la formalisation des corridors de transhumance constituent un autre levier important. En identifiant, balisant et inscrivant juridiquement des itinéraires et points d’eau, les autorités et les éleveurs peuvent prévenir les conflits d’usage avec les agriculteurs et offrir des garanties de passage pour les troupeaux.

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La coopération transfrontalière est essentielle : les vols de bétail et les déplacements d’acteurs armés dépassent souvent les limites administratives. Des mécanismes concertés entre États, soutenus par des organisations régionales comme le CILSS, permettent d’harmoniser les règles, d’échanger des informations et de piloter des actions communes.

Des mesures techniques et économiques viennent compléter l’arsenal : systémes d’identification et d’enregistrement des animaux, assurance et fonds de compensation pour les pertes, programmes de rétablissement des cheptels, ainsi que le développement de services vétérinaires et de marchés locaux sûrs.

La prévention des tensions passe aussi par le renforcement des capacités locales en médiation et par la promotion de plateformes de dialogue entre pasteurs, agriculteurs et autorités. Favoriser des accords locaux de cohabitation et de gestion partagée des ressources réduit le recours à la violence et restaure une confiance opérationnelle.

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Sur le plan institutionnel, le rôle du CILSS consiste à fournir appui technique, cartographies des ressources pastorales, systèmes d’alerte précoce et outils d’aide à la décision afin d’intégrer la mobilité pastorale aux politiques nationales de sécurité et de développement — une approche coordonnée qui vise à préserver à la fois les moyens d’existence des éleveurs et la stabilité régionale.

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