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Retour de Blaise Compaoré: la justice immolée sur l’autel de la réconciliation ?

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Condamné à Ougadougou à la prison à perpétuité pour « complicité d’assassinats » et « atteinte à la sûreté de l’État », l’ancien président Blaise Compaoré est rentré sans inquiété jeudi, au Burkina Faso, sur invitation du président Damiba. Placé sous le sceau de la réconciliation, ce retour chaleureux de l’ex-dirigeant poussé à l’exil en 2014, frise le « parjure » et est dénoncé comme un acte d' »impunité ».

Les anciens présidents Roch Kabore et Isaac Zida pourraient ne pas répondre présent au réunion de haut niveau initiée par le président Damiba ce vendredi 08 juillet 2022. Cette réunion, devrait notamment « accélérer la réconciliation nationale » et trouver une solution pour endiguer la violence jihadiste qui frappe le Burkina depuis 2015.

Seulment, le retour de l’ancien président Blaise Compaoré au Burkina Faso, plutôt que de rassembler, risque de diviser davantage. Contrairement à la junte au pouvoir, les organisations syndicales et la société civile voient mal un condamné de son acabit se déballer à pas de sénateur à Ouagadougou, au nom de la réconciliation, sans être inquiété, ne serait-ce que par la sentence judicaire prononcée à son encontre.

« Cette réconciliation ne doit, ni ne peut se faire en consacrant l’impunité ou en opérant des arrangements entre politiciens », ont averti plusieurs centrales syndicales.

Réunion de honte nationale

La classe politique, bien que muselée, s’efforce malgré elle, à exprimer son désaccord face à ce retour officiel et incompréhensible. C’est ce que traduit la mobilisation devant le domicile de l’ancien président Roch Kaboré ce vendredi.

L’objet de cette mobilisation, apprend-t-on de sources bien introduites, est d’empêcher l’ex-dirigeant de se rendre à la réunion pour la réconciliation initiée par le président Damiba et qui connaitra la participation de Blaise Compaoré, qui pourtant, est sous condamnation à perpétuité pour « complicité d’assassinats » et « atteinte à la sûreté de l’État ».

La mobilisation regroupe essentiellement des militants du parti de Roch Kaboré, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) qui porte les idéaux de l’insurrection populaire qui a renversé Blaise Compaoré en octobre 2014.

« Devons-nous immoler la justice, socle du pacte républicain, sur l’autel d’une certaine réconciliation nationale? », s’interroge le MPP qui dénonce une reuinion de honte nationale.

« Blaise Compaoré devrait être immédiatement arrêté »

« Dans le cadre de cette affaire judiciaire, un mandat d’arrêt international a été lancé contre ce dernier qui n’a jamais daigné se présenter devant la justice. Le tribunal avait réaffirmé ce mandat d’arrêt et en vertu de cette condamnation, le Président Blaise Compaoré devrait être immédiatement arrêté et conduit en prison », a estimé le Front patriotique qui regroupe une vingtaine d’organisations et de partis politiques.

A noter que l’ancien Premier ministre Yacouba Isaac Zida qui avait brièvement pris le pouvoir en 2014 et actuellement en exil au Canada, a décliné l’invitation. L’ancien président Michel Kafando n’a pas aussi participé à cette rencontre dite de « haut niveau ».

Damiba impassible !

Alors que les voix s’élèvent pour critiquer le retour de Blaise Compaoré et demander son arrestation, l’actuel patron du palais de Kossyam reste calme et semble ne vouloir pas céder à la volonté de la rue. Le président Damiba maintient le cap sur sa stratégie de réconciliation nationale.

A noter que le retour de Blaise Compaoré sur invitation de Damiba a été un objet de discussions diplomatiques avec les présidents Alassane Ouattara et Faure Gnassingbe.


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