Réconciliation de l’église du Christianisme Céleste: « Et si Talon laissait la main à Wadagni ? »

​À Saint-Ouen-sur-Seine, ce samedi 29 août 2026, l’image avait de quoi interroger. Face aux fidèles de l’Église du Christianisme Céleste (ECC), Patrice Talon aujourd’hui président du Sénat a pris la parole pour annoncer une future loi encadrant les associations religieuses au Bénin, tout en rappelant les travaux du comité de crise chargé de fixer les critères d’appartenance à cette communauté.

Edouard Djogbénou
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Politique
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Réconciliation de l’église du Christianisme Céleste: « Et si Talon laissait la main à Wadagni ? »
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Une intervention très politique, très directe, qui ravive une question de fond: jusqu’où doit s’étendre l’ombre de l’ancien chef de l’État sur la conduite des affaires nationales ?

​Certes, le rôle de facilitateur joué par Patrice Talon dans la réunification de l’ECC s’inscrit dans un processus de transition qu’il a lui-même initié. Mais le temps politique a changé. Avec l’élection de Romuald Wadagni à la présidence de la République, le pays est entré dans un nouveau chapitre.

La remise des conclusions du comité de médiation (cérémonie à laquelle il a invité son successeur à la Marina) aurait dû constituer l’occasion parfaite pour Patrice Talon de tirer sa révérence avec élégance, scellant la fin de sa mission d’arbitre pour remettre solennellement le dossier au nouveau chef de l’Exécutif.

​En continuant d’occuper le devant de la scène et d’annoncer des réformes législatives d’envergure, Patrice Talon donne l’impression persistante de vouloir régenter l’agenda institutionnel et social du pays. Cette omniprésence étouffe la lisibilité de la nouvelle gouvernance.

Le président Romuald Wadagni doit pouvoir imprimer sa propre marque, déployer sa vision de la chose publique et incarner pleinement l’autorité de l’État sans la présence tutélaire de son prédécesseur.

​Pour la clarté du jeu démocratique et la sérénité des institutions, il est temps que le passage de témoin soit total. Laisser à Romuald Wadagni la conduite finale du dialogue avec l’ECC et la gestion des affaires cultuelles ne serait pas une rupture, mais un acte de maturité politique. Le Bénin a besoin de voir la vision de son président actuel s’affirmer en pleine lumière, libérée de l’ombre portée de son passé.

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