RDC : Moïse Katumbi alerte sur le projet de révision de la Constitution
Moïse Katumbi a rompu son silence à Kinshasa pour remettre la pression sur le pouvoir, dénonçant avec fermeté toute tentative de réécrire la loi fondamentale. L’ancien proche rival et grand nom de l’opposition estime que certaines voix du camp présidentiel veulent préparer la voie à un mandat supplémentaire pour Félix Tshisekedi, ce qu’il qualifie de trahison envers les Congolais.

Le chef du parti Ensemble pour la République rappelle que le président lui-même s’était opposé, il y a une dizaine d’années, aux projets de modification constitutionnelle sous la présidence de Joseph Kabila. Pour Katumbi, la refonte du texte ne réglerait en rien les problèmes concrets du pays — routes dégradées, salaires insuffisants, faim et chômage — que, selon lui, explique plutôt une mauvaise gouvernance.
Parallèlement, la Conférence épiscopale catholique a mis en garde contre toute initiative de ce type, estimant qu’elle risquerait d’empirer une situation sécuritaire déjà fragile dans plusieurs régions. Cet avertissement renforce l’appel de l’opposant à ne pas ouvrir la boîte de Pandore d’une révision constitutionnelle.
Face à cette menace perçue, Katumbi invite la population à rester mobilisée et à rejeter toute manœuvre visant à modifier les règles en vigueur. Il plaide pour la préservation de la paix et de l’unité nationale, affirmant que toucher au texte fondamental serait contraire aux intérêts du pays.
Une stratégie d’opposition en quatre axes
Olivier Kamitatu, porte-parole du mouvement, a décliné une feuille de route en quatre points : d’abord réveiller l’opinion publique ; ensuite rassembler les forces d’opposition au-delà des dissensions pour défendre la Constitution ; puis user de tous les leviers démocratiques en coordination avec la société civile ; enfin mettre en place une démarche diplomatique destinée à alerter les partenaires internationaux et, si nécessaire, demander des sanctions ciblées contre quiconque tenterait de remettre en cause un texte adopté par une large majorité (85 %) des Congolais.
En parallèle de ce dispositif, Moïse Katumbi exhorte les dirigeants à privilégier un dialogue inclusif afin de mettre fin aux violences qui ensanglantent l’Est du pays et de travailler à la reconstruction d’un tissu national fracturé.
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