RDC: l’Église catholique rejette fermement tout projet de révision constitutionnelle

​Le débat sur l’avenir des institutions en République démocratique du Congo franchit un nouveau seuil de tension. À l’issue d’une table ronde de trois jours achevée le samedi 20 juin 2026, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a publié une déclaration sans équivoque s’opposant à tout changement ou modification de la Constitution actuelle.

Edouard Djogbénou
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Politique
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RDC: l’Église catholique rejette fermement tout projet de révision constitutionnelle
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Les évêques catholiques, après avoir auditionné des experts, des constitutionnalistes ainsi que des représentants de la majorité et de l’opposition, ont opposé une fin de recevoir catégorique aux velléités de réforme portées par le pouvoir en place.

​« Nous ne voyons ni la nécessité ni l’urgence ni l’opportunité d’un changement de la Constitution », a martelé Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, en procédant à la lecture du communiqué final.

​Le spectre de la balkanisation et de la guerre civile

​Loin de se limiter à une simple posture de principe, la haute hiérarchie ecclésiastique a détaillé les périls majeurs qui guettent le pays en cas de forcing institutionnel. Dans une nation déjà profondément meurtrie par des décennies de conflits armés, les évêques redoutent que cette initiative ne serve de détonateur à une nouvelle crise majeure.

L’institution prévient que tout passage en force comporte des risques énormes, citant explicitement le danger d’une balkanisation de la RDC et le déclenchement d’une guerre civile, exacerbée par des rivalités politiques aux fortes connotations ethniques et tribales.

​Devant cette trajectoire jugée critique, la Cenco a frontalement interpellé le chef de l’État, Félix Tshisekedi, l’appelant solennellement à honorer son serment constitutionnel de respecter et de défendre la loi fondamentale.

Les leaders religieux ont également invité l’ensemble du clergé à relayer ce message auprès des fidèles, tout en annonçant des actions citoyennes à venir.

​Une posture de la société civile face au « climat de terreur »

​Face aux accusations latentes de partialité politique, la Cenco a tenu à clarifier sa position. Monseigneur Nshole a réaffirmé que l’Église ne s’alignait pas sur l’opposition politique, mais agissait en tant qu’acteur majeur de la société civile, guidée par le respect de l’ordre constitutionnel et la quête d’une paix durable.

Il a rappelé que si le texte sacré de la République prévoit ses propres mécanismes de modification, il comporte également des verrous intangibles qu’il convient de ne pas déverrouiller.

​Le secrétaire général de la conférence épiscopale a par ailleurs durci le ton en dénonçant les méthodes de la majorité présidentielle pour imposer son agenda. L’ecclésiastique a fustigé l’instauration d’un « climat de terreur contre les voix discordantes », y compris au sein même du camp au pouvoir.

Un signal d’alarme vigoureux envoyé au peuple congolais, exhorté à « se mettre debout » pour prendre son destin en main avant que l’avenir du pays ne soit durablement hypothéqué.

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