RDC : Kinshasa relance l’offensive contre le M23, un tournant dans la guerre à l’est
À l’aube, les combats ont repris de plus belle dans l’Est de la République démocratique du Congo : les Forces armées congolaises (FARDC), soutenues par les milices locales dites Wazalendo et appuyées par des frappes de drones, ont lancé des attaques coordonnées contre plusieurs positions de l’AFC/M23. Les affrontements les plus violents se déroulent dans le territoire de Masisi, aux abords de Rubaya, lieu d’exploitation d’un gisement de coltan dont l’importance économique est majeure pour l’industrie numérique mondiale.

À l’aube, les combats ont repris de plus belle dans l’Est de la République démocratique du Congo : les Forces armées congolaises (FARDC), soutenues par les milices locales dites Wazalendo et appuyées par des frappes de drones, ont lancé des attaques coordonnées contre plusieurs positions de l’AFC/M23. Les affrontements les plus violents se déroulent dans le territoire de Masisi, aux abords de Rubaya, lieu d’exploitation d’un gisement de coltan dont l’importance économique est majeure pour l’industrie numérique mondiale.
La montée des hostilités survient peu après un événement marquant : la mort, mardi, de Willy Ngoma, porte‑parole militaire du M23, tué lors d’une frappe de drone près de Rubaya et attribuée par plusieurs observateurs aux forces congolaises. Sa disparition a visiblement précipité une nouvelle série d’opérations offensives.
Le recours massif aux drones transforme sensiblement la conduite des combats. Depuis la renaissance du M23 à la fin de 2021, l’armée régulière peinait à regagner l’avantage sur le terrain ; l’introduction d’appareils armés a offert à Kinshasa un moyen de frapper avec plus de précision et de portée, modifiant l’équilibre tactique.
Selon des analyses locales, le déploiement de ces moyens a été complété par la mise à profit de forces spéciales entraînées et encadrées par des intervenants étrangers : ce renfort d’expertise et l’emploi de frappes aériennes ont permis aux milices Wazalendo, chargées d’attaquer en première ligne, de progresser et de déloger des positions rebelles autour de Rubaya, Minembwe et Kavumu.
Les drones : nouvelle arme fatale
Les appareils télépilotés jouent désormais un rôle décisif : ils offrent la capacité de neutraliser des cibles de valeur à distance, d’appuyer des assauts locaux et d’entraver les lignes de commandement adverses. Le ciblage de responsables militaires rebelles montre que ces systèmes sont employés de façon chirurgicale, au point de redessiner la carte des affrontements et d’imposer une nouvelle logique où la supériorité aérienne, même non habitée, pèse autant que la présence au sol.
Cette mutation soulève aussi des interrogations sur l’implication d’acteurs privés et d’instructeurs extérieurs, ainsi que sur les conséquences d’un engagement croissant de moyens aériens dans une région déjà fracturée : au‑delà des gains tactiques immédiats, l’usage intensif de drones risque d’entraîner des escalades et de complexifier les efforts de protection des civils.
Sur le plan international, les récentes difficultés de la rébellion coïncident avec des initiatives diplomatiques et sécuritaires menées à Washington entre Félix Tshisekedi, Paul Kagame et des responsables américains. Après le retrait de combattants rebelles d’Uvira, des éléments liés à une société paramilitaire fondée par Erik Prince ont été signalés dans la zone, selon plusieurs sources. Le fait que des intérêts économiques, notamment liés aux mines de coltan exploitées par la rébellion depuis 2024, soient désormais au cœur du dossier accroît l’attention des puissances externes et peut expliquer une fermeté accrue en faveur de Kinshasa.
Sur le plan diplomatique, le président Félix Tshisekedi a multiplié les démarches pour internationaliser la question sécuritaire. Reçu à l’Élysée le mercredi 25 février 2026 par Emmanuel Macron, il a obtenu la solidarité de la France, qui a toutefois appelé à une désescalade et à une solution conforme au droit international. Pour Kinshasa, chaque appui public compte comme un levier dans le rapport de forces régional ; pour Paris, il s’agit de concilier le maintien de la stabilité dans les Grands Lacs et la préservation d’un équilibre délicat avec Kigali.
Parallèlement, un bras de fer diplomatique se joue autour de la francophonie : la RDC envisage de proposer un candidat pour la direction de l’Organisation internationale de la francophonie, en concurrence avec le Rwanda, qui soutient la reconduction de l’actuelle secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, pour un troisième mandat. Cette confrontation sur la scène multilatérale illustre combien la rivalité entre Kinshasa et Kigali dépasse aujourd’hui le seul champ militaire.
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