RDC : hausse des condamnations à la peine de mort depuis la levée du moratoire en 2024

Un rapport conjoint publié par trois organisations opposées à la peine capitale alerte sur une hausse spectaculaire du nombre de personnes condamnées à mort en République démocratique du Congo : plus de neuf cents détenus se trouveraient aujourd’hui dans l’attente d’une exécution.

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RDC : hausse des condamnations à la peine de mort depuis la levée du moratoire en 2024
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Les auteurs de l’enquête — menée en 2024-2025 — soulignent que, si aucune exécution officielle n’a encore été enregistrée depuis la levée du moratoire au début de 2024, le recours à la peine capitale a connu en 2024 un net regain. Cette année-là, au moins 480 jugements capitales ont été prononcés, contre 122 en 2023 ; pour mémoire, les chiffres enregistrés en 2021 et 2022 s’élevaient respectivement à 153 et 163.

Le rapport signale également une augmentation marquée du nombre de condamnés placés dans le couloir de la mort : la population carcérale dans ce statut aurait doublé entre 2019 et 2025. Au moment du pointage, 916 personnes figuraient sur les registres des condamnés à mort, dont environ 300 regroupées dans une seule maison d’arrêt située à Angenga, dans la province du Mongala.

Les conditions matérielles dans cet établissement suscitent une vive inquiétude : l’enceinte pénitentiaire est décrite comme fortement isolée, délabrée et insalubre, avec des pénuries récurrentes d’eau potable et d’alimentation pour les détenus.

Procédures contestées et portée politique

Outre la détérioration des conditions de détention, les organisations dénoncent des irrégularités dans le déroulement de certaines procédures judiciaires qui ont abouti à des condamnations à mort. Elles estiment que l’usage de la peine capitale s’est transformé, dans certains cas, en un outil aux dimensions politiques, plus qu’en une sanction strictement judiciaire.

Les ONG à l’origine du rapport appellent à un examen approfondi des dossiers et à des garanties procédurales renforcées pour les personnes exposées à la peine capitale, pointant le besoin urgent d’un contrôle indépendant sur l’application des peines et sur l’état des prisons où sont détenus les condamnés.

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