Présidentielle au Bénin : Wadagni face à Hounkpè, duel décisif ce 12 avril

Ce dimanche 12 avril, les Béninois sont appelés à élire leur cinquième président de l’ère du renouveau démocratique. Les bureaux de vote ouvriront leurs portes à 7h locales (6h TU) et les opérations prendront fin à 16h (15h TU).

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Présidentielle au Bénin : Wadagni face à Hounkpè, duel décisif ce 12 avril
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Environ huit millions d’électeurs sont attendus pour désigner le successeur de Patrice Talon. Deux listes sont en lice; Romuald Wadagni, soutenu par la mouvance présidentielle, et Paul Hounkpè, investi par les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), qualifiées d’opposition modérée.

Les électeurs disposeront d’un bulletin unique illustré : d’un côté la photo de Romuald Wadagni accompagnée de Mariam Talata sur un arrière-plan bleu, de l’autre celle de Paul Hounkpè et de Rock Hounwanou sur fond vert. Le vote se matérialise par l’apposition d’un tampon sur le côté choisi.

Tous deux originaires du département du Mono, à la frontière avec le Togo, les candidats présentent des profils contrastés. Romuald Wadagni, 49 ans, fait campagne avec l’actuelle vice‑présidente du pays ; longtemps en charge de l’Économie et des Finances depuis l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir il y a une décennie, il est perçu comme un technocrate — expert‑comptable de formation, formé en France — et se présente pour la première fois à une élection présidentielle.

Paul Hounkpè, âgé de 56 ans, se présente aux côtés de Rock Hounwanou sous la bannière du FCBE, dont il est devenu secrétaire exécutif après les bouleversements internes de 2019 qui ont conduit à l’émergence du parti Les Démocrates. Ancien enseignant, ex‑maire de Bopa et ancien ministre de la Culture sous la présidence de Thomas Boni Yayi, il avait été colistier d’Alassane Soumanou lors du scrutin présidentiel précédent, il y a cinq ans.

La participation, enjeu central

Le taux de participation sera au cœur des analyses une fois les bureaux clos. Selon les chiffres officiels, la participation était d’environ 50 % en 2021 contre 65 % en 2016, et elle a été encore moindre pour les scrutins législatifs qui ont suivi. Durant la campagne, les deux binômes ont multiplié les exhortations à aller voter, conscients que la force politique du vainqueur dépendra en grande partie de ce chiffre.

Un autre facteur pèse sur le scrutin : le parti Les Démocrates, principal pôle de l’opposition, n’a pas pu présenter de candidat faute de parrainages suffisants et a demandé à ses militants de s’abstenir ou de ne soutenir aucun des deux prétendants. De leur côté, d’anciens membres ayant rallié la majorité appellent à la mobilisation dans leurs circonscriptions pour garantir une forte participation.

En janvier, les élections législatives et communales se sont déroulées largement sans incidents majeurs, si ce n’est quelques retards, y compris dans le nord du pays où les forces armées font face à des groupes armés. La présidentielle constitue la dernière étape du cycle électoral en cours ; les prochains rendez‑vous nationaux sont prévus dans sept ans.

La sécurité des opérations constitue un autre volet majeur. Les autorités civiles et militaires ont insisté pour que chaque bureau de vote — y compris ceux situés dans les zones exposées à la menace terroriste — puisse ouvrir normalement, selon notre correspondant à Cotonou.

Un dispositif mixte important, composé de militaires et de policiers, a été déployé sur l’ensemble du territoire, avec une attention particulière portée aux départements comme l’Alibori et aux localités frontalières du Nigeria. Le transport et le rapatriement des urnes font l’objet de mesures de protection renforcées pour garantir la tenue sereine du scrutin.

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