Syndicats pro-Wadagni : Anselme Amoussou recadre sévèrement les critiques
Au Bénin, la polémique enfle depuis que cinq centrales et confédérations syndicales ont décidé d’apporter leur soutien à Romuald Wadagni. Pour certains commentateurs, cette prise de position serait une trahison de l’esprit syndical. Une lecture que conteste fermement Anselme Amoussou, Secrétaire général de la CSA Bénin.

Selon Anselme Amoussou, ce qui abîme le syndicalisme n’est pas l’engagement public dans le débat politique, mais la tentative de l’enfermer dans une neutralité de façade. Une neutralité confortable pour les observateurs, mais parfaitement stérile pour les travailleurs.
Le syndicalisme, rappelle-t-il, ne se pratique pas depuis les tribunes d’indignation tardive. Il se construit dans la durée, au prix de compromis difficiles et de responsabilités assumées. Il est toujours plus simple de dénoncer après coup lorsque l’on ne dirige rien et que l’on ne négocie rien. Gouverner une organisation représentative impose au contraire de lire un contexte, de choisir une option imparfaite parmi d’autres imparfaites, puis d’en répondre devant sa base.
À le croire, c’est là toute la différence entre le commentaire et l’action. Anselme Amoussou balaie également l’argument du calcul personnel. Les leaders syndicaux, rappelle-t-il, n’ont nul besoin de communiqués publics pour régler d’éventuels intérêts individuels avec le pouvoir au Bénin. Une prise de position publique, au contraire, engage, expose et oblige. Elle place les organisations face à leurs responsabilités et les rend comptables devant les travailleurs, a t-il souligné.
En réalité, cette décision collective est l’exact opposé des arrangements discrets que certains dénoncent aujourd’hui avec une morale à géométrie variable. Elle relève d’un choix politique assumé, fait à visage découvert, dans un contexte donné, et non d’une manœuvre individuelle dissimulée.
Le débat mérite donc mieux qu’une indignation réflexe, souligne t-il. Il appelle une question plus honnête: préfère-t-on un syndicalisme figé dans une posture neutre et stérile, ou un syndicalisme qui prend des risques, fait des choix et en assume les conséquences devant ceux qu’il représente ?
C’est à cette question, et non à une polémique de façade, que chacun devrait répondre, martèle t-il.
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