Philémon Yav Irung : la Haute Cour militaire clôt les débats, réquisitoire et plaidoiries fixés au 5 mai

La Haute Cour militaire de Kinshasa a pris un tournant important dans l’affaire visant le lieutenant‑général Philémon Yav Irung, poursuivi notamment pour trahison. Les juges ont choisi de poursuivre la procédure sans attendre l’intervention du Conseil national de cyberdéfense (CNCD), qui n’a pas réussi à accéder aux téléphones saisis du prévenu, bloqués depuis environ quatre ans.

Le · MàJ le
Société
143vues
Philémon Yav Irung : la Haute Cour militaire clôt les débats, réquisitoire et plaidoiries fixés au 5 mai
Publicité
2 min de lecture
Google News

Cette décision met un terme aux débats instruits depuis l’ouverture du procès en décembre dernier. La phase des éléments d’enquête est close, et la suite du dossier se jouera lors des réquisitions et des plaidoiries, programmées le 5 mai 2026.

Le CNCD, sollicité après une première réquisition, avait demandé un délai supplémentaire, arguant de la robustesse des protections électroniques mises en place sur les appareils et sans pouvoir fournir de calendrier précis pour leur exploitation. La cour a rejeté cette requête, invoquant l’exigence de célérité liée à la procédure pénale, et a ordonné la restitution des matériels saisis.

Avant l’appel au CNCD, d’autres services de sécurité et de renseignement avaient déjà été incapables de déverrouiller les téléphones appartenant à l’ancien chef de la troisième zone de défense — la structure militaire qui couvre les provinces de l’Est, régulièrement théâtre d’instabilités.

La preuve centrale fragilisée

Au centre de l’accusation figure un SMS attribué au dossier, présenté comme datant d’environ quatre ans et émanant selon l’accusation d’une personne décrite comme un proche du général rwandais James Kabarebe, alors haut responsable militaire. Les magistrats de l’accusation font valoir que ce message pourrait établir une coopération entre Philémon Yav et des éléments de l’armée rwandaise.

Mais l’élément matériel et le témoignage attendu pour corroborer cette allégation se sont avérés problématiques : l’officier Peter Cirimwami, qui affirmait avoir identifié le texto sur le téléphone du prévenu, est décédé il y a plus d’un an. Sans son témoignage et sans accès aux fichiers des appareils, l’accusation se retrouve dépourvue de la preuve matérielle qu’elle avançait.

Du côté de la défense, la réaction a été triomphante et les avocats ont souligné la disparition de l’élément clé du dossier, estimant que l’accusation manquait désormais de fondement tangible. Face à cela, l’auditeur général de l’armée a indiqué qu’il était déterminé à poursuivre l’affrontement judiciaire lors des audiences fixées dans les deux semaines à venir.

Articles liés

Merci pour votre lecture — publicité