Paul Max Morin dénonce l’idéologie coloniale du Rassemblement National

À l’approche des municipales des 15 et 22 mars, le Rassemblement national mise sur une montée en puissance locale pour consolider ses atouts en vue de la présidentielle de 2027. Le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella vise à transformer ses succès nationaux récents en ancrage territorial durable : « Plus nous gagnerons de villes, plus nos appuis seront forts pour préparer la grande alternance en 2027 », affirme Marine Le Pen.

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Paul Max Morin dénonce l’idéologie coloniale du Rassemblement National
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À l’approche des municipales des 15 et 22 mars, le Rassemblement national mise sur une montée en puissance locale pour consolider ses atouts en vue de la présidentielle de 2027. Le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella vise à transformer ses succès nationaux récents en ancrage territorial durable : « Plus nous gagnerons de villes, plus nos appuis seront forts pour préparer la grande alternance en 2027 », affirme Marine Le Pen.

Le constat est cependant contrasté. Malgré une audience électorale significative lors des scrutins nationaux, le RN ne dirige aujourd’hui qu’« une quinzaine de villes », dont Perpignan, remportée en 2020 par Louis Aliot. Pour le politiste Gilles Ivaldi, cet écart entre popularité et implantation concrète demeure un point faible : « Il faut avoir des ressources locales pour durer en politique et s’installer comme parti de gouvernement ». Il souligne que des ancrages territoriaux solides sont nécessaires pour qui ambitionne de conquérir le pouvoir national.

Pour remédier à cette faiblesse, le Rassemblement national multiplie les candidatures aux municipales. Le parti revendique cette année 763 listes, soit presque deux fois plus qu’en 2020, et affirme vouloir plus de prudence dans la sélection des profils après plusieurs polémiques. Le RN cherche également à élargir son réseau en soutenant des candidats sans étiquette, notamment dans les petites communes, et met en avant une logique de construction locale pensée pour les échéances à venir, y compris les élections sénatoriales.

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Une stratégie centrée sur les élus nationaux et les bastions ciblés

Sur le terrain, la méthode évolue : le mouvement place ses figures nationales en première ligne. Trente-cinq députés conduisent des listes municipales, une stratégie qui répond autant à la nécessité d’ancrage qu’à un déficit de cadres locaux capables de constituer des équipes municipales, selon Gilles Ivaldi. Le recours aux députés vise à offrir des visages reconnus et à structurer des listes là où les maillons locaux font défaut.

La campagne met aussi l’accent sur des rivalités symboliques. À Marseille, le candidat Franck Allisio affronte le maire sortant Benoît Payan : une victoire dans la cité phocéenne serait perçue par le RN comme un gain politique et symbolique majeur. Au-delà de la métropole marseillaise, la stratégie du parti cible les villes moyennes et des zones considérées comme des bastions, notamment dans le Sud et les Hauts-de-France.

Sur le plan idéologique et mémoriel, le politiste Paul Max Morin, spécialiste des héritages de la colonisation, rappelle des éléments historiques liés à la genèse du mouvement : « L’extrême droite telle qu’on la connaît aujourd’hui, principalement le Rassemblement National, ancien Front National, c’est un parti qui a été créé dans les années 70 par des défenseurs de l’Algérie française. » Il estime que, malgré l’évolution de l’image du parti sous Marine Le Pen, « le RN d’aujourd’hui est toujours porteur d’une idéologie coloniale » et que son programme, notamment la proposition de préférence nationale, participe selon lui à la légitimation de pratiques discriminatoires.

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