Patrick Bruel : huit femmes dénoncent des faits de violences sexuelles
Huit femmes ont pris la parole dans une série de témoignages publiés par Mediapart, alléguant des faits de violences sexuelles attribués à Patrick Bruel pour des événements s’étalant de 1992 à 2019. Parmi elles, une personne affirme avoir été mineure au moment des faits. Deux plaignantes ont saisi la justice : l’une pour viol, l’autre pour tentative de viol, tandis que l’artiste conteste fermement toute violence ou contrainte.

Dans la présentation faite par Mediapart, les récits portent sur des comportements que les plaignantes jugent inappropriés ou agressifs, et plusieurs d’entre elles ont décidé de porter ces faits devant les autorités judiciaires. Les dénonciations relancent le débat médiatique et judiciaire autour du comportement de l’artiste depuis la révélation de ces témoignages.
Ces nouveaux éléments s’inscrivent par ailleurs dans un historique d’affaires précédemment examinées par la justice : en 2020, des enquêtes ouvertes après des signalements, notamment de masseuses en 2019, avaient été classées sans suite, décision motivée par l’absence, selon le parquet, d’éléments permettant de caractériser une infraction pénale.
Plainte déposée par Daniela Elstner et cadre judiciaire des signalements
Parmi les témoins, Daniela Elstner — aujourd’hui responsable d’Unifrance — a déclaré avoir été victime d’un épisode en 1997 lors d’un festival. Le 12 mars, elle a déposé plainte à Paris pour tentative de viol et agression sexuelle. Dans ses propos rapportés par la presse, elle explique avoir décidé de saisir la justice trente ans après les faits pour que sa parole soit entendue.
Le dépôt de plainte par Mme Elstner a relancé l’attention sur l’ensemble des témoignages rassemblés. En droit français, le dépôt d’une plainte peut entraîner l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet ou la saisine d’un juge d’instruction si des éléments nouveaux le justifient ; ces étapes déterminent ensuite l’opportunité des poursuites ou un classement sans suite.
Deux des plaignantes, selon les informations disponibles, ont formellement saisi les juridictions compétentes : l’une pour viol, l’autre pour tentative de viol. Les autres femmes ayant témoigné ont, pour certaines, souhaité garder l’anonymat ou ont rendu public leur récit sans nécessairement déposer plainte au moment de la publication.
Les faits évoqués dans les témoignages couvrent des accusations variées — agression, harcèlement, exhibition sexuelle — et se situent dans plusieurs villes et contextes professionnels ou publics, selon les déclarations publiées par les médias.
En 2020, après les signalements émanant notamment de masseuses en 2019, le parquet compétent avait classé plusieurs dossiers sans suite, estimant le plus souvent qu’il manquait des éléments susceptibles de caractériser une infraction pénale. Cette décision judiciaire antérieure fait partie du contexte dans lequel s’inscrivent les nouvelles plaintes.
Interrogé sur ces nouvelles accusations, Patrick Bruel a déclaré, dans les colonnes de Paris Match, qu’il ne pouvait s’exprimer tant qu’il n’avait pas eu accès au dossier et rencontré un juge, et il a exprimé la crainte que toute prise de parole n’entraîne de nouvelles accusations. Dans les jours qui ont suivi la publication des témoignages, l’artiste a contesté de manière ferme et répétée les allégations, réfutant toute notion de violence ou de contrainte à son encontre.



