La Suède et la Finlande ont officialisé leur volonté d’adhérer à l’OTAN et vont devoir franchir plusieurs étapes requises, avant d’accomplir cette volonté ravivée par l’offensive russe en Ukraine.
Depuis que la Russie a lancé une offensive contre l’Ukraine, la Suède et la Finlande se sont résolument engagées à intégrer l’OTAN, une organisation intergouvernementale qui regroupe de nombreux pays européens et les Etats-Unis, mais qui semble être l’ennemi juré de la Russie.
Moscou qui craint un élargissement de l’OTAN vers elle, ce qui a d’ailleurs poussé Poutine à lancer son offensive sur l’Ukraine, menace tous ses pays frontaliers afin qu’ils n’intègrent pas l’OTAN. Mais visiblement, les voisins de la Russie, exceptée la Biélorusse, ne partagent pas les directives de Moscou.
Après l’Ukraine qui ne cesse de réaffirmer, malgré les déchirements occasionnés par la guerre ici et là, dans le pays, la Suède et la Finlande insistent pour appartenir à l’alliance militaire, l’OTAN.
Ces deux pays justifient leur volonté par « l’invasion » de l’Ukraine par la Russie. Cependant, devenir membre de l’OTAN n’est pas aussi simple que çà. En effet, le processus d’intégration à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est codifié, et comprend plusieurs étapes :
- Une fois la décision prise par un pays tiers d’adhérer, les membres de l’OTAN doivent accepter à l’unanimité de l’inviter à les rejoindre. La Turquie est le dernier membre à convaincre, concernant l’intégration de la Finlande et de la Suède.
- Après cette invitation, les pourparlers d’adhésion commencent : deux réunions ont lieu au siège de l’organisation, à Bruxelles, où le postulant doit convaincre les représentants des pays et les experts de l’Alliance atlantique de sa capacité à accepter « les obligations et engagements politiques, juridiques et militaires découlant du traité de Washington et de l’étude (de 1995) sur l’élargissement de l’OTAN ». La discussion porte sur des questions juridiques, de sécurité et aussi sur la contribution au budget commun.
- Le pays candidat s’engage à accomplir les réformes nécessaires et adresse ensuite « une lettre d’intention » au secrétaire général, avec un calendrier précis.
- L’étape finale est la ratification du protocole d’adhésion par chacun des Etats membres de l’OTAN : ils transmettent leur acceptation du nouveau membre au gouvernement des Etats-Unis, dépositaire du traité de l’Atlantique Nord.
Ce n’est qu’à l’issue de ce processus − qui a duré un an pour le dernier membre, la Macédoine du Nord − que le principe central de l’article 5 (solidarité en cas d’agression) peut s’appliquer. Mais la Suède et la Finlande, en tant que membres de l’Union européenne, bénéficient de la clause d’assistance mutuelle prévue par l’article 42.7 pour la période du processus de ratification de leur adhésion à l’OTAN. Le secrétaire général de l’OTAN, le Norvégien Jens Stoltenberg, a promis un processus d’adhésion « rapide » et « des solutions » pour répondre aux préoccupations de sécurité entre l’acte de candidature et l’adhésion finalisée.