Nigeria : Bola Ahmed Tinubu en visite à Jos après l’attaque meurtrière de dimanche
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu s’est rendu à Jos, dans l’État du Plateau, le jeudi 2 avril 2026 pour une courte visite suite à l’attaque meurtrière ayant visé un bar lors du dimanche des Rameaux. L’assaut, puis les violences qui ont suivi, ont causé la mort de plus d’une trentaine de personnes.

Lors de son passage, Tinubu a exprimé sa compassion aux familles touchées et aux proches des victimes. Selon notre correspondante à Lagos, Harmony Pondy Nyaga, le chef de l’État a par ailleurs détaillé de nouvelles mesures de sécurité, dont le déploiement d’un dispositif de vidéosurveillance d’environ 5 000 caméras sur la zone.
Devant les autorités locales, des responsables sécuritaires et des membres des familles endeuillées, le président a assuré que le gouvernement mettrait tout en œuvre pour empêcher qu’un tel drame ne se répète, présentant ses condoléances et annonçant un renforcement des moyens sur place.
Ce déplacement, jugé inhabituel car il a bousculé l’agenda présidentiel, intervient alors que l’attaque de dimanche dernier a ravivé les inquiétudes au niveau international — y compris des prises de position d’élus américains comme le républicain Riley Moore, qui estiment que les personnes de confession chrétienne sont particulièrement visées au Nigeria.
Réactions nationales et contexte local
Les derniers mois ont vu une montée des violences dans plusieurs régions du pays, une situation qui a suscité des accusations et des controverses à l’étranger. En octobre 2025, l’ancien président américain Donald Trump avait dénoncé ce qu’il qualifiait de « persécutions » et parlé d’un « génocide » contre les chrétiens, des propos qui ont été vivement contestés par le gouvernement nigérian, par certains spécialistes et par des personnalités telles que le prix Nobel Wole Soyinka.
L’État du Plateau reste régulièrement le théâtre de tensions ethniques et religieuses, même si de nombreux habitants chrétiens et musulmans y vivent côte à côte. Les affrontements prennent souvent leur source dans des différends fonciers opposant des éleveurs — majoritairement musulmans — à des agriculteurs en grande partie chrétiens, des conflits aggravés ces dernières années par la pression environnementale et les effets du changement climatique.
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