Nigeria : 14 partis d’opposition promettent de s’unir en vue des élections générales de 2027
Ce week‑end, à Ibadan dans le sud‑ouest du Nigeria, quatorze partis d’opposition ont annoncé qu’ils allaient coordonner leurs candidatures pour les élections générales de 2027, y compris pour la présidentielle. Leur objectif affiché : empêcher le Congrès des Progressistes (APC) et le camp du président Bola Ahmed Tinubu d’imposer une victoire sans réel contrepoids.

Cette alliance intervient après plusieurs mois marqués par des transferts d’élus vers la majorité en place — gouverneurs, députés et responsables locaux ont rejoint l’APC — un mouvement qui, selon l’opposition, risque de faciliter l’émergence d’un candidat de consensus autour de M. Tinubu. Les partis réunis à Ibadan ont refusé d’accepter cette perspective.
Lors des travaux, ils ont adopté une proclamation collective dans laquelle ils reprochent à l’APC de fragiliser le multipartisme et se disent déterminés à contrer toute volonté d’hégémonie politique en présentant des listes communes à tous les niveaux. Des pourparlers sont en cours pour désigner un candidat unique capable de recevoir le soutien de l’ensemble de la coalition à la présidentielle.
Selon notre correspondant à Abuja, Moïse Gomis, la réunion a rassemblé des figures majeures de l’opposition nigériane et a abouti à un document stratégique définissant les prochaines étapes.
Feuille de route en neuf points
Parmi les personnalités présentes figuraient d’anciens dirigeants et cadres politiques connus : l’ex‑vice‑président Atiku Abubakar, l’ancien gouverneur de l’État de Kano Rabiu Kwankwaso, l’ex‑ministre des Transports Rotimi Amaechi, ainsi que Kabiru Turaki, dirigeant au niveau national du Parti démocratique populaire (PDP).
Peter Obi — arrivé troisième lors de la présidentielle de 2023 — a été identifié comme l’un des artisans des propositions incluses dans ce plan en neuf points. Deux revendications dominent ce texte : d’une part, une demande auprès de l’Assemblée nationale pour revoir certaines dispositions de la loi électorale de 2026, que les signataires estiment susceptibles d’affaiblir la fiabilité du processus électoral ; d’autre part, une requête adressée à la Commission électorale indépendante (INEC) pour reporter à la fin juillet le délai fixé pour la tenue des primaires des partis.
Les participants ont indiqué que ces mesures, combinées à une coordination des candidatures, constituent leur principal levier pour contrer la progression de l’APC et rétablir un équilibre politique avant les échéances de 2027.
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