Nagui : Stéphane Courbit révèle devant la commission d’enquête que son salaire est très confortable
Stéphane Courbit, dirigeant de Banijay Group, a confirmé devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public le niveau élevé des cachets versés aux stars de la télévision, citant notamment Nagui pour son « talent assez unique » et rappelant la rentabilité des programmes qu’il produit pour France Télévisions.

Stéphane Courbit, dirigeant de Banijay Group, a confirmé devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public le niveau élevé des cachets versés aux stars de la télévision, citant notamment Nagui pour son « talent assez unique » et rappelant la rentabilité des programmes qu’il produit pour France Télévisions.
Auditionné le mercredi 25 février 2026, le producteur a exposé les mécanismes économiques liant producteurs et chaînes publiques, en soulignant que certains animateurs bénéficient de rémunérations comparables à celles des sportifs de haut niveau en raison de la rareté de leur talent et de l’impact de leurs émissions sur les recettes publicitaires.
Interrogé sur la dépendance financière entre Banijay et France Télévisions, Courbit et la direction du groupe ont indiqué que, malgré des contrats importants, le chiffre d’affaires du groupe n’est que marginalement pondéré par le service public, tandis que les émissions concernées génèrent des retours significatifs pour la chaîne.
Audition, contrats et poids économique des programmes
Lors de son intervention, Stéphane Courbit a rappelé qu’il dirige Banijay Group, qui avait racheté en 2008 Air Productions, la société créée par Nagui. Les auditions se sont déroulées en présence d’autres responsables du groupe et de la PDG de Banijay France, Alexia Laroche-Joubert, qui a précisé : « C’est nous qui le payons, ce n’est pas le service public. D’une certaine façon, cela me regarde si je le paie trop ou pas assez ».
Le député Charles Alloncle, représentant de l’Union des Droites pour la République, avait mis en cause Nagui en le désignant comme « la personne, sur les dix dernières années en France, qui s’est le plus enrichie sur l’argent public », accusation relayée lors des échanges et qui avait déjà suscité des réactions de l’animateur.
Courbit a comparé la situation des animateurs à celle des footballeurs, expliquant que les métiers médiatiques rassemblent des talents rares et que, par conséquent, leur rémunération apparaît élevée par rapport à la majorité des professions. Il a aussi estimé que des personnalités comme Nagui ou Cyril Hanouna « ne sont pas très inquiets sur leur avenir » et pourraient trouver d’autres diffuseurs si nécessaire.
Sur le plan contractuel, le producteur a indiqué que les chaînes sont « protégées par des clauses d’audience » permettant d’intervenir en cas de contre-performance d’une émission, ce qui conditionne les décisions de programmation et de maintien des contrats.
La presse a déjà documenté des accords substantiels entre Air Productions et France Télévisions : en 2020, Mediapart avait publié un contrat évalué à 100 millions d’euros portant sur plusieurs programmes, dont N’oubliez pas les paroles et Taratata. Le jeu musical représenterait à lui seul environ 10 % des recettes publicitaires du groupe public.
Banijay a par ailleurs rappelé qu’il ne dépend pas majoritairement de France Télévisions, qui ne pèse qu’environ 1 % de son chiffre d’affaires mondial, et le groupe produit également des formats populaires tels que Fort Boyard et Koh-Lanta, tout en ayant parmi ses actionnaires Vivendi, société liée à Vincent Bolloré.



