Miou-Miou brise le silence 50 ans après une humiliation à 25 ans sur un tournage avec Gérard Depardieu

Miou-Miou, à l’aube de ses 76 ans, reste une figure majeure du cinéma français dont les rôles cultes continuent d’alimenter l’attention médiatique : de « Les Valseuses » à « Germinal », en passant par « La Dérobade » pour laquelle elle a obtenu le César de la meilleure actrice en 1980. Invitée le 8 février à « 20h30 Le dimanche » sur France 2, l’actrice est revenue sur une carrière marquée par la confrontation permanente entre succès artistique et pression médiatique, et sur sa présence récente dans la série franco-belge « Flash(s) ».

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Miou-Miou brise le silence 50 ans après une humiliation à 25 ans sur un tournage avec Gérard Depardieu
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Miou-Miou, à l’aube de ses 76 ans, reste une figure majeure du cinéma français dont les rôles cultes continuent d’alimenter l’attention médiatique : de « Les Valseuses » à « Germinal », en passant par « La Dérobade » pour laquelle elle a obtenu le César de la meilleure actrice en 1980. Invitée le 8 février à « 20h30 Le dimanche » sur France 2, l’actrice est revenue sur une carrière marquée par la confrontation permanente entre succès artistique et pression médiatique, et sur sa présence récente dans la série franco-belge « Flash(s) ».

Formée à une fréquentation des plateaux et à une exposition publique précoce, Miou-Miou s’est imposée par des interprétations qui ont durablement marqué le paysage culturel : « Les Valseuses », « La Dérobade », « La Femme flic », « Coup de foudre », « Tenue de soirée », « La Totale » et « Germinal » figurent parmi les temps forts d’une filmographie qui a traversé plusieurs générations de spectateurs. Ces films, souvent provocateurs ou socialement engagés, ont contribué à ancrer sa réputation d’actrice hors norme.

La reconnaissance institutionnelle a suivi : dix nominations aux César de la meilleure actrice et le trophée décroché en 1980 pour « La Dérobade ». Si Miou-Miou a été plus discrète à la télévision ces dernières années, sa présence dans « Flash(s) », aux côtés de Marie Denarnaud et Nicolas Briançon, atteste d’un retour en force, discret mais réel, sur le petit écran.

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Miou-Miou face au prix de la célébrité

Figure scrutée dès ses débuts, Miou-Miou a longtemps vécu sous l’objectif des photographes et le regard insistant des médias. Sa vie sentimentale, marquée par des histoires avec Coluche puis Patrick Dewaere, a été l’objet de nombreuses spéculations. De sa relation avec Patrick Dewaere est née Angèle Herry, plus tard adoptée par Julien Clerc. Quelques années après, l’actrice a donné naissance à Jeanne Herry, issue de son histoire avec le chanteur de « Ma préférence ». Lors de son passage récent sur France 2, elle a décrit une célébrité « envahissante » et une pression constante sur sa vie privée.

Miou-Miou a livré plusieurs formules pour traduire ce malaise : « Ça ne m’a rien volé, ça m’a pressée, mais j’avais aussi une vie, je dirais, de fille, de femme, une vie amoureuse un peu dispersée », a-t-elle déclaré, ajoutant : « J’étais très poursuivie ». Le réflexe persiste aujourd’hui : « Et même encore, des fois, je pense qu’on me suit », confie-t-elle, expliquant qu’elle reste vigilante dans l’espace public : « Je regarde ».

Parmi les souvenirs de tournage, l’interprète évoque « Les Valseuses » et l’alchimie — parfois tumultueuse — avec Gérard Depardieu et Patrick Dewaere. Dans Télé Magazine, elle raconte : « Avec Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, on était aussi intenables que nos personnages. On piquait la voiture de la production et on partait se balader. Bertrand Blier n’en pouvait plus. »

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Mais Miou-Miou a également relaté des épisodes plus sombres des coulisses. Invitée de « Culture médias » sur Europe 1, elle a évoqué des demandes de mise en scène la mettant profondément mal à l’aise, décrivant une injonction sur le plateau : « On nous demandait des choses… des fois… Moi, on m’avait demandé d’être au bord de la route. On ne devait pas nous prendre en stop, on devait jouer une scène où on ne nous prenait pas en stop. » Elle rapporte aussi une consigne qu’elle jugeait excessive : « Regarde, tu vas soulever ta jupe, tu vas soulever ton tablier et là, tu n’auras pas de culotte », décrivant un ressenti « lourd et troublant » face à cette humiliation difficile à formuler.

À la sortie du film, la provocation assumée de « Les Valseuses », ancrée dans le contexte post-Mai 68, a suscité une vive controverse. Des manifestations et des pancartes hostiles (« N’allez pas voir cette merde ! ») ont marqué la période. Selon Bertrand Blier, cité dans Première, il a été « énormément attaqué à l’époque » et l’Oscar du meilleur film étranger obtenu en 1979 a, selon lui, contribué à apaiser quelque peu les réactions.

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