Minerais stratégiques: comment l’Afrique peut négocier des contrats équitables

À l’heure où la transition énergétique mondiale réclame des volumes croissants de minerais indispensables, l’Afrique, dont les sols regorgent de ressources, se retrouve au cœur d’une véritable ruée. Le renforcement des relations entre certains pays, comme les États-Unis et la République démocratique du Congo, illustre l’intensification de cette demande. Reste à savoir comment le continent peut convertir cet intérêt mondial en bénéfices durables pour ses populations.

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Minerais stratégiques: comment l’Afrique peut négocier des contrats équitables
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À l’heure où la transition énergétique mondiale réclame des volumes croissants de minerais indispensables, l’Afrique, dont les sols regorgent de ressources, se retrouve au cœur d’une véritable ruée. Le renforcement des relations entre certains pays, comme les États-Unis et la République démocratique du Congo, illustre l’intensification de cette demande. Reste à savoir comment le continent peut convertir cet intérêt mondial en bénéfices durables pour ses populations.

Pour le professeur Glen Nwaila, responsable d’un centre de recherche sur les systèmes miniers à l’université de Wits, l’une des conditions préalables est scientifique : mieux inventorier et centraliser les données géologiques. Selon lui, les campagnes d’exploration sur place manquent encore de financements suffisants, et l’information reste morcelée.

La création d’une base de données géologique unifiée permettrait, d’après le chercheur, d’exploiter des outils modernes — notamment l’intelligence artificielle — pour réduire l’incertitude sur les zones à prospecter. En superposant plusieurs couches d’indices géologiques, on peut ensuite appliquer des algorithmes qui ciblent plus finement les gisements prometteurs à travers différents États.

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Un inventaire fiable joue aussi un rôle politique et économique : il rassure les investisseurs sur la réalité des ressources et donne aux États africains des arguments pour exiger des partenariats plus équilibrés et mieux rémunérateurs.

Négociations et gouvernance des contrats

La phase de négociation des contrats est, selon Olivier Pognon, directeur de la Facilité africaine de soutien juridique (ALSF) rattachée à la Banque africaine de développement, un moment déterminant pour que les États tirent réellement profit de la montée des besoins en minerais stratégiques. Les accords miniers sont souvent très techniques et, historiquement, beaucoup ont été déséquilibrés au détriment des pays hôtes.

Pour répondre à ce défi, l’ALSF travaille à renforcer les compétences des équipes locales chargées de traiter les volets juridiques et contractuels des projets miniers, afin qu’elles puissent défendre les intérêts publics face à des multinationales aguerries.

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Olivier Pognon se montre toutefois réaliste : la professionnalisation des négociateurs et l’amélioration des pratiques de gouvernance prennent du temps. Des controverses persistent — certains reprochent à la RDC d’avoir consenti trop vite certains accords avec des partenaires étrangers, allégations démenties par Kinshasa — mais l’ALSF souligne qu’elle a gagné en légitimité et que la transparence figure désormais davantage parmi les priorités gouvernementales.

L’organisation met en avant des résultats concrets : grâce à des négociations renforcées et à des clauses mieux calibrées, plusieurs États africains auraient évité des pertes financières importantes et réalisé des économies de plusieurs milliards de dollars ces dernières années.

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