Me Mouhamed Tchassona-Traoré détaille sa vision de la gouvernance
Me Mouhamed Tchassona-Traoré, sénateur et président du Cadre permanent de concertation (CPC) ainsi que du Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD), dresse un diagnostic précis de la conjoncture politique et sociale togolaise à l’aube de 2026. Entre héritage politique, rôle du dialogue institutionnel, gestion de la Vᵉ République et urgence socio-économique, l’élu détaille ses priorités : apaiser le climat politique, favoriser l’emploi des jeunes, alléger la pression fiscale et promouvoir un développement territorial équilibré.

Me Mouhamed Tchassona-Traoré, sénateur et président du Cadre permanent de concertation (CPC) ainsi que du Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD), dresse un diagnostic précis de la conjoncture politique et sociale togolaise à l’aube de 2026. Entre héritage politique, rôle du dialogue institutionnel, gestion de la Vᵉ République et urgence socio-économique, l’élu détaille ses priorités : apaiser le climat politique, favoriser l’emploi des jeunes, alléger la pression fiscale et promouvoir un développement territorial équilibré.
À l’occasion d’un entretien, l’homme politique adresse ses vœux de santé et de perspectives aux Togolais tout en rendant hommage à feu Zarifou Ayéva, qu’il qualifie de mentor et d’acteur central du dialogue national. Il insiste sur la nécessité de compromis et d’un consensus minimum pour construire un avenir commun, soulignant l’importance d’un cadre de rencontre politique qui dépasse la simple confrontation.
Me Tchassona-Traoré expose également la méthode qui fonde son engagement : une démarche en trois temps pour évaluer toute proposition politique — nécessité, opportunité et efficacité — et la conviction que le débat public doit rester non violent, structuré et orienté vers des solutions concrètes.
Dialogue, institutions et pistes pour relancer l’économie
Sur le plan institutionnel, il explique que le CPC joue pour lui le rôle d’une soupape utile dans un paysage où l’Assemblée nationale reste majoritairement alignée sur le pouvoir depuis 2018. Le CPC n’a pas, dit-il, vocation à prendre des décisions constitutionnelles mais à proposer des pistes de sortie de crise et à maintenir un canal de communication entre acteurs politiques, société civile et administration.
Il revient en détail sur l’action du CPC dans le dossier des personnes détenues à l’occasion d’événements à caractère politique : faute d’accord entre la société civile et les autorités sur la qualification de ces détenus, le CPC a proposé une formule médiane — les personnes appréhendées « à l’occasion » de manifestations politiques — qui a permis leur jugement et l’ouverture de la procédure de grâce présidentielle, libérant plusieurs détenus.
Sur la Vᵉ République, Me Tchassona-Traoré rappelle que les modifications constitutionnelles émanent généralement des gouvernants et indique qu’il est trop tôt pour porter un jugement définitif sur son efficacité, tout en soulignant que le Sénat a déjà pris part à l’examen du budget 2026 dans le cadre de la navette parlementaire.
Face aux défis économiques, il alerte sur la pression fiscale qui pèse sur les entreprises et risque d’étouffer la création d’emploi : selon lui, l’Office togolais des recettes doit repenser son approche afin de préserver la survie des entreprises locales. Il plaide pour des politiques favorisant l’auto-emploi des jeunes, le développement de centres de formation technique et professionnelle, et l’instauration de mécanismes de préférence nationale pour protéger l’emploi local.
Le sénateur rappelle enfin les cinq piliers idéologiques du MCD — démocratie participative, non-violence, dialogue, respect de la diversité et gestion durable du territoire — et met en garde contre l’urbanisation non maîtrisée qui réduit les espaces agricoles, citant l’exemple de Lomé et Tsévié, avant d’indiquer que le CPC a contribué à la libération de détenus appréhendés lors d’événements à caractère politique



