Mauritanie : inculpation de deux députées anti-esclavagistes pour atteinte aux symboles de l’État

La vie politique mauritanienne a pris une nouvelle tournure conflictuelle après l’arrestation, le 21 avril, de deux députées d’opposition, Mariem Cheikh et Ghamou Achour. Les élues, affiliées au mouvement abolitionniste IRA dirigé par Biram Dah Abeid, ont été placées sous mandat de dépôt et conduites en détention après des interventions diffusées en direct sur les réseaux sociaux où elles critiquaient le président et l’exécutif.

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Politique
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Mauritanie : inculpation de deux députées anti-esclavagistes pour atteinte aux symboles de l’État
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Le parquet général a retenu la qualification de « flagrant délit » pour justifier la levée de leur immunité parlementaire, expliquant que les propos tenus constituaient une atteinte aux institutions. Selon les autorités, cette circonstance permettait d’engager des poursuites malgré le statut des intéressées.

La situation a en outre pris un tour humainement sensible car Mariem Cheikh a été incarcérée en présence de son nourrisson âgé de trois mois. Le mouvement IRA s’est élevé contre cette décision, dénonçant une manœuvre destinée à faire taire des voix dissidentes et à stigmatiser des représentants de la communauté Haratine.

Parallèlement, des inquiétudes ont été exprimées sur l’état de santé de Ghamou Achour et sur les conditions de détention auxquelles sont soumises les deux femmes. Cet épisode survient dans un climat déjà tendu et risque d’accentuer les divisions entre le pouvoir et une partie de l’opposition.

Réactions politiques et enjeux

Le camp abolitionniste rejette la justification judiciaire avancée et qualifie l’opération de répression politique visant à réduire au silence les critiques. À leurs yeux, la mise en détention de deux parlementaires en raison de prises de parole publiques marque une étape préoccupante pour l’espace démocratique.

Du côté des autorités, la décision est présentée comme une application stricte de la loi face à des propos jugés inacceptables. Mais pour de nombreux observateurs, l’incident risque de geler les tentatives de dialogue national en cours et d’entraîner un durcissement des positions politiques.

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