Mali publie une mise à jour sur une monnaie commune à trois États du Sahel
Dans un communiqué publié mardi, le ministère de l’Économie et des Finances du Mali a démenti des publications virales et des articles de presse locale affirmant l’imminente création d’une monnaie commune au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le ministère qualifie ces informations de fabriquées et appelle à la prudence face aux rumeurs relayées sur les réseaux sociaux.

Dans un communiqué publié mardi, le ministère de l’Économie et des Finances du Mali a démenti des publications virales et des articles de presse locale affirmant l’imminente création d’une monnaie commune au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le ministère qualifie ces informations de fabriquées et appelle à la prudence face aux rumeurs relayées sur les réseaux sociaux.
Le texte officiel précise qu’aucune note ni aucun communiqué n’a été émis par le ministère annonçant « l’introduction prochaine d’une monnaie commune » ou la finalisation d’un calendrier opérationnel en ce sens. L’institution invite les journalistes et les citoyens à vérifier toute annonce auprès des canaux institutionnels officiels avant diffusion.
Ce démenti intervient alors que la question d’une intégration monétaire régionale alimente des débats depuis que trois États sahéliens ont quitté certaines structures régionales dominantes. Ces pays restent, pour l’heure, membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui utilise le franc CFA — une monnaie adossée à l’euro et soutenue par le Trésor français — et la perspective d’un abandon du franc CFA est présentée comme susceptible d’avoir d’importantes répercussions économiques et diplomatiques.
Contexte, acteurs et réactions
Les spéculations autour d’une monnaie sahélienne ont pris de l’ampleur après des déclarations publiques de dirigeants de la région. En 2023, le chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, avait évoqué l’exploration d’un format monétaire commun entre plusieurs pays du Sahel. Aucun calendrier ni cadre politique détaillé n’a toutefois été rendu public depuis ces propos.
Lors du sommet de la Confédération des États du Sahel (AES) à Niamey le 6 juillet 2024, les présences des chefs de file des gouvernements militaires — notamment le général Abdourahamane Tiani du Niger, le colonel Assimi Goïta du Mali et le capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso — ont cristallisé l’attention sur les ambitions politiques et institutionnelles de la nouvelle alliance. Les images et comptes rendus de cette réunion ont contribué à relayer des interprétations variées sur l’agenda monétaire de l’AES.
Le ministère malien rappelle que, malgré l’intérêt affiché pour une coopération monétaire, aucune étape concrète relative à l’instauration d’une monnaie commune n’a été adoptée ou annoncée officiellement. Il exhorte les médias et le public à « se fier exclusivement aux canaux institutionnels officiels » pour toute information relative aux décisions de l’AES.
Les observateurs notent que toute décision visant à abandonner le franc CFA engagerait des conséquences étendues, tant sur le plan des relations économiques avec l’Union européenne que sur les mécanismes de stabilité monétaire régionale. La déclaration ministérielle malienne réaffirme par ailleurs que la question de la coopération monétaire reste à l’ordre du jour des discussions, sans pour autant traduire, à ce stade, des mesures opérationnelles en faveur d’une monnaie commune
