Madagascar : l’Alahamadibe, nouvel an lunaire de renouveau et de purification

À Madagascar, les festivités liées au nouvel an malgache, appelées Alahamadibe, ont pris fin le samedi 21 mars 2026. Cette célébration, ancrée depuis plusieurs siècles dans le calendrier lunaire, marque un temps de purification et de renouveau spirituel pour de nombreuses communautés.

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Madagascar : l’Alahamadibe, nouvel an lunaire de renouveau et de purification
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De retour d’Ambonga, notre envoyé spécial décrit un sommet transformé en lieu de rassemblement : un petit bâtiment de pierres et de bois a été dressé pour l’occasion, et une forte odeur d’encens flottait dans l’air. Au crépuscule, près d’une centaine de personnes se sont regroupées autour de bougies allumées tandis que des hommes entamaient une danse rituelle menée par Jean de la Croix Rabarison.

Pour les participants, l’événement symbolise une remise à zéro de l’âme collective. Les prières des vivants sont adressées aux ancêtres, qui, selon la croyance locale, servent d’intermédiaires auprès du Dieu créateur. Dans la tradition malgache, l’esprit demeure après la mort et peut revenir visiter les descendants, notamment à travers les songes.

Ambonga, perché au-dessus de la capitale, est considéré comme un lieu sacré : il s’agit du point culminant du versant ouest d’Antananarivo et d’un site funéraire abritant la mémoire d’un notable de l’ère royale. Le lendemain, des familles ont descendu la colline par des sentiers bordés de hautes herbes pour atteindre une source d’eau sacrée. Là, plusieurs fidèles ont aspergé leurs enfants et purifié des offrandes — poulet et miel notamment — selon des vœux exaucés et des promesses faites aux ancêtres.

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Raviver les usages et transmettre la mémoire

Durant l’Alahamadibe, un village temporaire s’installe au sommet : repas collectifs, danses accompagnées de fanfares et moments de recueillement au voisinage des tombes rythment les journées. Les participants portent souvent le lambahoany, un pagne dont l’agencement des couleurs véhicule un sens précis.

Les combinaisons de teintes — le rouge associé à la vigueur et la blancheur liée à la pureté et à la clarté — sont expliquées par des acteurs locaux engagés dans la sauvegarde culturelle. Selon Narindra, membre de l’association Mamelomaso, l’enjeu dépasse le simple symbolisme : il s’agit de remettre en pratique des gestes et des savoirs afin que les jeunes générations saisissent le fonctionnement des rites ancestraux.

La clôture de la fête s’effectue traditionnellement par le sacrifice d’un zébu. Chaque personne repart alors avec une portion de viande, geste concret qui matérialise le partage du renouveau promis par ce nouvel an lunaire.

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