Madagascar : la société civile maintient la pression après le rapport de la Cour des comptes

Trois semaines après la diffusion d’un rapport accablant de la Cour des comptes révélant des disparitions massives de deniers publics sous l’ancien pouvoir et l’existence de comptes non déclarés, les organisations citoyennes malgaches poursuivent leur exigence : que toute la lumière soit faite sur ces faits.

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Madagascar : la société civile maintient la pression après le rapport de la Cour des comptes
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Les associations de la société civile ont salué mardi le travail d’audit mené par la Cour, soulignant la détermination des magistrats à publier leurs conclusions malgré des pressions et des moyens limités pour conduire ces vérifications d’ampleur.

Pour ces acteurs, la publication représente une avancée significative en matière de transparence et de droit à l’information pour les citoyens de Madagascar, mais elle ne suffit pas à apaiser leurs revendications.

Selon Ndranto Razakamanarina, président de l’Alliance Voahary Gasy, le document évoque des détournements estimés à 3 811 milliards d’ariary — soit plus de 810 millions d’euros — une somme qui représente environ un quart du budget national adopté par la loi de finances.

La société civile réclame des poursuites

Les organisations demandent désormais que les responsables les plus en vue rendent des comptes. Elles estiment que les faits relèvent d’une gravité telle qu’ils devraient entraîner des sanctions ciblant, selon elles, les têtes de l’ancien exécutif : président, Premier ministre et ministre des Finances.

Jeudi, plusieurs collectifs ont annoncé qu’ils suivraient de près l’évolution du dossier et mettraient la pression sur les autorités pour obtenir des sanctions effectives contre tous les protagonistes impliqués, a expliqué Hony Radert, secrétaire générale du Collectif des citoyens et des organisations citoyennes.

Les représentants de la société civile insistent sur la nécessité de qualifier juridiquement les agissements — entre malversations, détournements et, pour certains cas, infractions pénales — afin que des procédures soient ouvertes devant les instances compétentes, notamment le Pôle Anticorruption et les tribunaux de première instance. Ils citent en exemple le scandale des semences de riz contaminées, pointé par la Cour, qui aurait entraîné des problèmes de santé chez des populations.

Au-delà des poursuites, ces organisations exigent la récupération des fonds litigieux et la réparation des préjudices subis par l’État et les citoyens.

Il y a une quinzaine de jours, lors de la présentation du nouveau gouvernement, le président de la Refondation a annoncé avoir saisi l’Inspection générale de l’État pour instruire ces allégations et a fixé un délai de 45 jours pour la remise d’un rapport conclu.

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