Madagascar : la filière rizicole s’alarme de la flambée des importations

À Madagascar, la filière rizicole s’inquiète d’une flambée des importations qui menace l’écoulement de la production locale et les revenus de milliers d’agriculteurs. Les importations de riz ont plus que triplé en un an, passant de 262 002 tonnes en 2024 à 800 812 tonnes en 2025, selon les données de l’Agence nationale de la mesure des résultats et de l’analyse des politiques publiques (ANMCC).

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Face à cette situation, l’agence a ouvert le 31 août une enquête en sauvegarde douanière, notifiée le 2 septembre à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), conformément aux règles de l’organisation. La procédure prévoit un délai de 30 jours pour permettre aux parties intéressées de se manifester, puis 30 jours ouvrables pour le retour des questionnaires ; des auditions publiques pourront être organisées à la demande.

Selon l’ANMCC, la production et les ventes locales ont reculé respectivement de 25,6 % et 25,4 % entre 2023 et 2025, tandis que le taux d’utilisation des capacités de production est passé de 35 % à 24 % sur la même période.

Madagascar, troisième producteur africain de riz derrière le Nigeria et l’Égypte, considère la filière comme stratégique pour sa sécurité alimentaire. La commercialisation de la production locale soutient aussi le développement socio-économique en assurant des revenus et des emplois à des milliers d’agriculteurs.

Le gouvernement avait déjà suspendu une taxe sur le riz de luxe

Le 21 août, le ministère du Commerce, dirigé par Haingotiana Andriamadison, avait suspendu à titre temporaire une taxe douanière de 20 % et une TVA de 5 % sur le riz de luxe importé, quelques semaines seulement après l’introduction de ces mesures dans la loi de finances rectificative 2026. Le gouvernement a justifié ce revirement par la nécessité de préserver le pouvoir d’achat et de sécuriser l’approvisionnement du marché avant la période de soudure, la production locale ne couvrant pas encore les besoins.

Les perspectives de récolte laissent toutefois entrevoir une amélioration : la production de paddy est attendue à 5,17 millions de tonnes en 2026, contre 4,68 millions en 2025, selon des prévisions publiées en juillet. Le département américain de l’Agriculture anticipe, de son côté, une hausse de 6 % des importations malgaches, à 850 000 tonnes, pour 2026.

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