Libye : la NOC estime à 30 à 40 milliards de dollars les besoins du secteur pétrolier
La Libye a besoin de 30 à 40 milliards de dollars de financements pour développer plus de 60 gisements pétroliers et gaziers déjà découverts, a déclaré le président de la National Oil Corporation (NOC), Masoud Suleiman, dans un entretien au Financial Times publié le 18 août 2026. L’objectif affiché est de porter la production de brut d’environ 1,4 million à 2 millions de barils par jour.

Cette estimation ne correspond pas à une levée de fonds déjà réalisée. Elle représente, selon le dirigeant de la compagnie publique, le montant nécessaire pour mettre en production des ressources dont le développement est retardé par le manque de capitaux et par les difficultés structurelles du secteur.
Masoud Suleiman a indiqué que la NOC étudiait une évolution de ses partenariats avec les compagnies internationales. Les options évoquées comprennent le retour à des contrats de concession ou l’amélioration des conditions de partage de production afin que les partenaires prennent en charge une plus grande part du financement.
Le montant avancé est cohérent avec une estimation de 36 milliards de dollars communiquée début août par le même responsable à Bloomberg. La NOC avait alors associé cette enveloppe à son objectif de 2 millions de barils par jour au début de la prochaine décennie.
Des réserves importantes, mais un financement contraint
Avec environ 48 milliards de barils de réserves prouvées, la Libye détient le premier stock de pétrole du continent africain. La NOC avait indiqué en janvier vouloir atteindre d’abord 1,6 million de barils par jour, avant de viser 2 millions à moyen terme.
Le secteur demeure la principale source de recettes publiques du pays. La Banque africaine de développement souligne que la NOC occupe une place centrale dans l’économie libyenne et que la dépendance aux hydrocarbures expose les finances publiques aux interruptions de production et aux fluctuations des cours.
Les investisseurs doivent aussi composer avec la fragmentation politique, la présence de groupes armés et les attaques contre certaines infrastructures. Ces risques peuvent interrompre les opérations, augmenter le coût des projets et compliquer la sécurité juridique des contrats.
La NOC n’a pas publié, avec cette estimation, la liste détaillée des gisements concernés ni un calendrier projet par projet. La mobilisation des 30 à 40 milliards de dollars dépendra donc des accords conclus avec les partenaires, des modalités contractuelles retenues et de la continuité des opérations sur les sites.
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