Les pays à faible revenu face à une croissance qui accélère sans pouvoir encore vaincre
Les pays à faible revenu ont enregistré en 2025 une croissance proche de 5 %, une amélioration notable après 3,6 % en 2024, mais cette reprise coexiste avec une inflation alimentaire élevée, près de 130 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère et des marges budgétaires fortement contraintes, selon les Perspectives économiques mondiales de janvier 2026.

Les pays à faible revenu ont enregistré en 2025 une croissance proche de 5 %, une amélioration notable après 3,6 % en 2024, mais cette reprise coexiste avec une inflation alimentaire élevée, près de 130 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère et des marges budgétaires fortement contraintes, selon les Perspectives économiques mondiales de janvier 2026.
Le rapport publié en début d’année met en lumière un redressement fragile : l’activité économique se raffermit dans plusieurs États à faibles revenus, porté par une demande intérieure en hausse, des recettes issues des matières premières comme le café et l’or, ainsi que par une hausse des dépenses publiques. Toutefois, les gains macroéconomiques ne se traduisent pas encore par une amélioration significative des indicateurs sociaux.
Cette dynamique contraste avec la persistance d’obstacles structurels : fragilité institutionnelle, conflits, infrastructures dégradées et endettement croissant. Les économistes soulignent l’hétérogénéité des trajectoires nationales, qui dépend largement du niveau de stabilité sécuritaire et de la capacité à mobiliser des ressources publiques et privées.
Résilience, divergences et contraintes budgétaires
Malgré un contexte international marqué par des tensions commerciales, des conflits régionaux et des événements climatiques extrêmes, plusieurs pays à faible revenu ont montré une capacité d’adaptation supérieure aux attentes. Une atténuation relative de certaines crises, combinée à des prix de marché plus favorables pour certains produits d’exportation, a soutenu la reprise en 2025.
Cependant, la moyenne masque d’importantes disparités : les pays affectés par des conflits voient leur croissance rester nettement inférieure à celle des autres économies du groupe. Les violences et l’instabilité perturbent la production, freinent l’investissement privé et réorientent les budgets vers les dépenses d’urgence au détriment des infrastructures, de l’éducation et de la santé. Les séquelles des crises passées — routes et réseaux endommagés, capital humain affaibli, climat d’incertitude — pèsent longtemps sur la capacité de rebond.
Sur le plan macroéconomique, la situation s’est améliorée sur l’inflation : la médiane est descendue d’environ 8 % en début 2025 à près de 5 % au second semestre, effet conjugué de la baisse des cours énergétiques et de récoltes agricoles plus favorables. Ce reflux de l’inflation apporte un soulagement relatif, mais les prix alimentaires restent élevés et supportent une part disproportionnée des dépenses des ménages les plus pauvres.
L’insécurité alimentaire reste élevée : près de 130 millions de personnes ont connu en 2025 des niveaux graves d’insuffisance alimentaire, soit environ un cinquième de la population des pays à faible revenu. À moyen terme, les projections du rapport tablent sur une croissance de 5,7 % en 2026 et 5,6 % en 2027, tandis que le revenu réel par habitant gagnerait environ 2,8 % par an sur 2026-2027 — un rythme considéré comme insuffisant pour réduire massivement l’extrême pauvreté ou absorber l’arrivée de quelque 160 millions de jeunes qui atteindront l’âge de travailler dans la décennie à venir.
Parallèlement, la soutenabilité financière se détériore : l’alourdissement des dettes publiques, la hausse des coûts d’emprunt et un accès plus difficile au financement extérieur réduisent les marges de manœuvre budgétaires. La diminution de l’aide publique au développement accentue ces contraintes.
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