Le Solfège Bénin: un don d’instruments qui renforce une ambition musicale nationale

À la faveur d’un partenariat culturel entre la Belgique et le Bénin, le centre culturel Le Solfège Bénin a bénéficié ce vendredi 1er mai 2026 d’un don d’instruments de musique. Une initiative qui dépasse le simple geste symbolique et s’inscrit dans une ambition plus large : structurer l’apprentissage musical et élargir l’accès à la pratique artistique.

Romaric DéguénonVoir tous ses articles
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Le Solfège Bénin: un don d’instruments qui renforce une ambition musicale nationale
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Dans la salle principale du centre culturel, l’école de musique Solfège a vécu un moment symbolique ce 1er mai 2026. Entre discours, visite des installations et remise d’instruments, l’événement marque une étape importante dans le développement de cette initiative privée, appelée à jouer un rôle structurant dans l’enseignement musical au Bénin.

À l’origine de cette rencontre, un projet plus vaste porté depuis l’Europe. Consul du Bénin près la Belgique et administrateur à l’Académie royale César Franck de Liège, Benoît Akando nourrit depuis plusieurs années l’ambition de contribuer à la création d’une académie de musique au Bénin. Mais sur le terrain, le projet prend une tournure inattendue. « C’est un peu le hasard qui nous a conduits vers cette école. Dans notre projet initial, nous souhaitions développer et créer une école de musique au Bénin, voire aller encore plus loin avec la mise en place d’une académie de musique », a-t-il confié. Avant d’ajouter : « Nous avons trouvé une structure solide, mise en place par des passionnés […]. Cela a été une très belle surprise de constater le travail de qualité déjà accompli. »

La directrice de l’école Solfège, Henriette Darboux, et son hôte, Benoît Akando

Une école familiale devenue structure de référence

Car derrière cette structure, une histoire familiale et un engagement personnel. L’école Solfège a été fondée par Espoir et Esther Darboux, avant d’être reprise par leur fille, Henriette Darboux, aujourd’hui directrice. Formée en France, cette dernière a fait le choix de revenir au Bénin pour développer le projet. « Nous avons commencé modestement, avec une dizaine de cours individuels et quelques sessions collectives. Progressivement, nous nous sommes structurés », a-t-elle expliqué. Aujourd’hui, l’établissement accueille une cinquantaine d’élèves, enfants, adolescents et adultes, et propose un enseignement diversifié, allant de l’éveil musical dès l’âge de deux ans à la pratique instrumentale (piano, guitare, batterie, violon, chant).

La directrice de l’école Solfège, Henriette Darboux, et son hôte, Benoît Akando

Un don d’instruments pour soutenir l’enseignement

La cérémonie a également été marquée par la remise d’un don d’instruments, trois flûtes traversières et une clarinette, venus renforcer les capacités pédagogiques de l’école. Un apport concret, mais encore insuffisant face aux besoins. « Honnêtement, ce n’est qu’une étape. Une école de musique est en constante évolution […]. Notre démarche s’inscrit dans un processus d’accompagnement », a souligné Benoît Akando, insistant sur la nécessité d’un soutien durable. Pour la directrice, cet appui ouvre de nouvelles perspectives : « Nous sommes honorés, heureux et privilégiés d’avoir reçu ces instruments. Cela va nous permettre d’élargir l’offre que nous proposons à nos élèves. » Jusqu’ici, certaines disciplines, comme la clarinette ou la flûte traversière, restaient limitées faute d’équipements adaptés.

trois flûtes traversières et une clarinette
La directrice de l’école Solfège, Henriette Darboux, et son hôte, Benoît Akando

Une ambition: démocratiser l’accès à la musique

Au-delà du geste, c’est toute une vision qui se dessine : démocratiser l’accès à la musique et en faire un levier de développement social. « L’objectif est clair : permettre à tous les Béninois, quels que soient leurs moyens, d’avoir accès à l’apprentissage de la musique », a rappelé l’administrateur. Dans un pays de plus de 13 millions d’habitants, l’absence d’une grande académie musicale structurée reste un défi. Mais pour les acteurs engagés sur le terrain, la dynamique est lancée. « Ce que nous faisons aujourd’hui marque le début d’un engagement durable », a assuré Benoît Akando. Un appel est également lancé aux autorités béninoises pour accompagner cette initiative. Car ici, à Solfège, les ambitions dépassent largement les murs de l’école : faire de la musique, de l’art et de la culture un véritable socle de développement.

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