Karin Viard se livre sur sa relation compliquée avec sa mère

À l’approche de la sortie en salles de La maison des femmes, réalisé par Mélisa Godet et prévue le 4 mars, Karin Viard s’est livrée dans une longue interview au magazine Elle, où elle évoque sans détours son rapport aux hommes, mais surtout aux femmes et à sa propre histoire familiale. L’actrice revient sur une trajectoire marquée par le patriarcat d’une génération, l’intériorisation de la soumission, et une prise de conscience accélérée par le mouvement #MeToo, tout en expliquant comment ce chemin personnel influe aujourd’hui sur sa façon d’être mère.

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Karin Viard se livre sur sa relation compliquée avec sa mère
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À l’approche de la sortie en salles de La maison des femmes, réalisé par Mélisa Godet et prévue le 4 mars, Karin Viard s’est livrée dans une longue interview au magazine Elle, où elle évoque sans détours son rapport aux hommes, mais surtout aux femmes et à sa propre histoire familiale. L’actrice revient sur une trajectoire marquée par le patriarcat d’une génération, l’intériorisation de la soumission, et une prise de conscience accélérée par le mouvement #MeToo, tout en expliquant comment ce chemin personnel influe aujourd’hui sur sa façon d’être mère.

Dans cet entretien, Karin Viard décrit l’expérience du milieu du cinéma comme traversée par un regard masculin pesant et des hiérarchies fondées sur l’autorité et la domination. Selon elle, les actrices ont longtemps été jugées avant tout sur leur physique et leur supposée valeur sexuelle, ce qui a conditionné des comportements de soumission et de reconnaissance contrainte. Avec le recul, elle reconnaît s’être elle‑même conformée pendant des années à ces codes, avant d’adopter une posture plus libre et plus revendiquée.

Si l’industrie du cinéma lui paraît entachée de sexisme et d’objectification, elle nuance toutefois en soulignant qu’elle a tissé de fortes amitiés féminines professionnelles. Les rivalités dont elle parle n’ont pas, selon elle, pris leur source principale sur les plateaux, mais plutôt dans son intimité et sa famille, où les rapports entre femmes ont parfois été très conflictuels. Elle précise aussi être la mère de deux filles, un rôle qui l’a poussée à interroger ce qu’elle transmet et à remettre en question des modèles hérités.

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Rivalités familiales, abandon et travail transgénérationnel

L’actrice explique avoir vécu, dans sa sphère privée et jusque dans ses relations familiales, des rivalités féminines qu’elle qualifie de « féroces », opposant femmes et mères comme si les hommes constituaient une ressource rare à se répartir. Ce schéma, ancré dans son époque, l’a profondément marquée et l’a conduite à reconsidérer sa relation aux autres femmes et à la compétition pour la reconnaissance masculine.

Karin Viard attribue au mouvement #MeToo un rôle déterminant dans cette mise en perspective en la poussant à revisiter son passé et à identifier la misogynie intériorisée. Elle admet s’être longtemps sentie soumise à des normes imposées par une société patriarcale, et à avoir intégré des comportements et des attentes qui l’ont façonnée durant sa jeunesse et sa carrière.

Sur le plan familial, elle revient sur une blessure fondatrice : l’abandon par ses parents à l’âge de cinq ans, qui l’a amenée à être élevée par ses grands‑parents. Cette rupture a nourri une vision des mères parfois défaillantes ou rivales, un élément qu’elle cite comme central dans son parcours affectif et identitaire.

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Aujourd’hui engagée dans ce qu’elle décrit comme un travail transgénérationnel, Karin Viard dit être amenée par sa fille aînée à réfléchir précisément à ce qu’elle transmet — les héritages reçus, ceux récupérés de la génération précédente et ceux qu’elle souhaite interrompre. Elle affirme avoir tenté de rompre la répétition des schémas familiaux et d’élever ses filles en valorisant la liberté, tout en reconnaissant ses erreurs. Ses filles, qui trouvent parfois sa pensée un peu rétrograde, apprécient toutefois d’observer son évolution et entretiennent une relation affectueuse avec leur mère.

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