Karin Viard dénonce le patriarcat une coach d’intimité en décrypte les effets sur le cinéma
Karin Viard a prononcé le mot « patriarcat » en direct, sur le plateau du journal de France 2, provoquant un débat public autour des violences — visibles ou insidieuses — qui traversent le milieu artistique et au-delà. L’actrice a raconté des expériences personnelles, des castings et des scènes imposées, et a relié ces pratiques à des mécanismes sociaux plus larges : dominations, pressions économiques et normes acceptées qui façonnent les trajectoires et les corps des femmes.

Karin Viard a prononcé le mot « patriarcat » en direct, sur le plateau du journal de France 2, provoquant un débat public autour des violences — visibles ou insidieuses — qui traversent le milieu artistique et au-delà. L’actrice a raconté des expériences personnelles, des castings et des scènes imposées, et a relié ces pratiques à des mécanismes sociaux plus larges : dominations, pressions économiques et normes acceptées qui façonnent les trajectoires et les corps des femmes.
Sur le plateau, le propos de Karin Viard était posé mais sans équivoque : les féminicides « ne surgissent pas de nulle part », a-t-elle rappelé, en inscrivant ces crimes dans un continuum de domination masculine et de violences psychologiques. Elle a admis avoir longtemps intégré et même cautionné certains comportements, les percevant comme normaux, ce qui, selon elle, a contribué à étouffer la révolte collective face à ces pratiques.
Plusieurs intervenantes ont éclairé ce constat. La coach et coordinatrice d’intimité Céline Tran a expliqué que lorsque des codes et des hiérarchies sont ancrés dans un milieu, les dysfonctionnements s’y confondent avec la norme, retardant la prise de conscience et le changement de posture. Elle cite Karin Viard : « J’ai non seulement accepté un certain nombre de comportements, je les ai même cautionnés, j’ai trouvé que c’était normal. Je ne voyais pas de problème avec ça. »
Le corps au coeur des rapports de force sur les plateaux
Karin Viard a évoqué des situations concrètes : castings où elle s’est retrouvée nue devant une assemblée masculine et scènes imposées qui s’apparentaient à des spectacles de voyeurisme. Cette nudité imposée, a-t-elle expliqué, ne relevait pas toujours d’un choix artistique libre mais d’une dynamique de pouvoir qui rend la parole des actrices vulnérable.
La question du consentement en contexte professionnel a été posée par la coordinatrice d’intimité Paloma Garcia Martens, citée via Céline Tran : « Peut-on parler de consentement libre dans une relation de travail où la dynamique de pouvoir est déséquilibrée d’office ? » L’observation vaut pour le cinéma, mais aussi pour d’autres secteurs cités par les intervenantes, où la pression et le chantage aux carrières conditionnent souvent l’acceptation de demandes intrusives.
L’ex-actrice et commentatrice connue sous le nom de Katsuni a décrit le mécanisme de soumission : face à des demandes de nudité, de nombreuses personnes se conforment pour ne pas perdre une opportunité. Elle relie ces pratiques au milieu du cinéma, de la mode et d’autres professions impliquant le corps, et pointe des similitudes avec des bizutages ou des humiliations constatées dans d’autres environnements professionnels.
Céline Tran a également détaillé les réactions des victimes : sidération, honte, rationalisation, et l’idée que « c’est comme ça », « c’est le métier qui veut ça », ou « si je refuse, quelqu’un le fera à ma place ». Ces mécanismes expliquent pourquoi des comportements abusifs peuvent perdurer sans dénonciation immédiate.
Des changements pratiques commencent toutefois à apparaître sur les plateaux. La présence de coordinatriices d’intimité est citée comme une évolution significative pour replacer le consentement et le respect des corps au centre du tournage. Céline Tran, ancienne actrice aujourd’hui intervenante sur les plateaux, souligne l’importance de ce rôle pour protéger l’intégrité des comédiennes et de l’équipe technique.
Le désir à l’écran ne justifie jamais la contrainte hors caméra.


