Bénin

« Je souffre de nos différends, je peine de ne plus le voir », Patrice Talon sur sa brouille avec Candide Azannaï

À moins d’un an de la fin de son mandat, le président Patrice Talon a rencontré, lundi 28 juillet 2025, au Palais de la Marina la jeunesse béninoise. Le président de la République en a profité pour évoquer, dans des mots forts et personnels, sa relation brisée avec son ancien allié Candide Azannaï, aujourd’hui figure de l’opposition.

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Angèle M. ADANLEVoir tous ses articles
Le 1 août 2025 à 01:12 · Màj le 1 août 2025
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Patrice Talon et Candide Azannaï

Patrice Talon et Candide Azannaï

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Dans un échange direct et sans langue de bois avec les jeunes, le chef de l’État béninois s’est livré à une rare confession sur sa rupture avec Candide Azannaï, ancien ministre de la Défense et aujourd’hui opposant farouche. Interpellant Guy Mitokpè, ex-bras droit d’Azannaï et aujourd’hui cadre du parti Les Démocrates, Patrice Talon a tenu à faire une petite confidence.

« Vous voulez que je vous livre certains de nos secrets ? Vous voulez ? Je peux parler de nos secrets ? », a déclaré Patrice Talon avant de faire une confidence poignante sur sa relation brisée avec Candide Azannaï, président du parti Restaurer l’Espoir.

« Est-ce que vous savez pourquoi Monsieur Azannaï et moi, on s’est fâchés ? Le président Azannaï, vous savez pourquoi on s’est fâchés ? Vous savez que c’est son ancien patron ? Vous le savez ? », a demandé avec insistance le chef de l’Etat. 

« Azannaï c’est un ami à moi. C’est un frère. Jusqu’à l’heure où je vous parle, c’est un frère. Je souffre de nos différends (…). Je peine du fait que je ne vois plus Azannaï.

Un appel à la réconciliation ?

Revenant sur leur éloignement politique, le président semble avoir un espoir de réconciliation post-mandat. « J’espère que même quand je vais quitter la charge, dès le lendemain, on se verra lui ou moi. On va s’embrasser à nouveau. ». Cette déclaration inattendue de Patrice Talon tranche avec les tensions politiques entretenues depuis le départ d’Azannaï du gouvernement en 2017.

Au-delà du cas personnel, le président Talon a lancé un message aux jeunes désireux d’embrasser une carrière politique. Selon lui, gouverner exige de mettre de côté les discours de campagne pour faire face aux réalités.

« Le premier serment que vous devez faire à vous-mêmes, c’est de dire : si j’ai l’occasion un jour, je vais travailler en faisant fi de mes propos politiques avant d’arriver dans la fonction », a-t-il conseillé.

Une réconciliation possible entre Talon et Azannaï ?

Patrice Talon a insisté sur la nécessité pour tout dirigeant d’avoir « le courage des actions pertinentes, utiles, nécessaires », même si elles sont impopulaires. « Parfois, il y a des choses que jamais la masse ne comprendra », a-t-il insisté.

Candide Azannaï, artisan de la victoire de Patrice Talon en 2016, devenu son principal adversaire, a désormais un rôle symbolique dans ce passage de témoin. En mettant des mots publics sur leur fracture personnelle, Talon ouvre peut-être une brèche vers une forme d’apaisement.

Reste à voir si les mots du président trouveront un écho chez son ancien allié, dont les critiques n’ont cessé depuis sa démission fracassante en mars 2017.