Jacques Villeret : pourquoi il ne portait pas le nom Boufroura

Ce 6 février 2026, Jacques Villeret aurait eu 75 ans. Disparu le 28 janvier 2005, l’acteur reste principalement connu pour son interprétation de François Pignon dans Le Dîner de cons, rôle qui lui a valu le César du meilleur acteur en 1999. Son parcours personnel — né Jacky Boufroura, élevé sous le nom de Villeret — éclaire une trajectoire marquée par l’alternance entre succès public et fragilités privées.

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Jacques Villeret : pourquoi il ne portait pas le nom Boufroura
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Ce 6 février 2026, Jacques Villeret aurait eu 75 ans. Disparu le 28 janvier 2005, l’acteur reste principalement connu pour son interprétation de François Pignon dans Le Dîner de cons, rôle qui lui a valu le César du meilleur acteur en 1999. Son parcours personnel — né Jacky Boufroura, élevé sous le nom de Villeret — éclaire une trajectoire marquée par l’alternance entre succès public et fragilités privées.

Jacky Boufroura voit le jour le 6 février 1951 à Tours. Il est le fils d’Ahmed Boufroura, originaire de Kabylie (Algérie), et d’Annette Bonnin, originaire d’Indre-et-Loire. Le couple s’est marié en 1950 mais a divorcé l’année suivante, alors que l’enfant n’a que quelques mois ; le jeune Jacky grandira sans la présence régulière de son père biologique.

En 1955, sa mère épouse Raymond Villeret, qui l’élève comme son fils. C’est sous ce patronyme que la famille et l’entourage le connaissent. Il découvre tardivement, au lycée, ses origines paternelles. Le contexte social des années 1950-1960 en France, encore marqué par la guerre d’Algérie et par des représentations négatives des noms maghrébins en province, a pesé sur ce choix identitaire ; des proches rapportent que des moqueries à l’école ont contribué à faire du nom d’origine un marqueur douloureux.

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Parcours artistique et filiations

Formé au conservatoire de Tours puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris (promotion 1973), Jacques Villeret débute au théâtre avant de se tourner vers le cinéma. Yves Boisset lui offre ses premiers rôles à l’écran, notamment dans R.A.S. (1973) puis Dupont Lajoie. Son jeu, souvent marqué par la naïveté, la tendresse et une sensibilité apparente, attire l’attention de réalisateurs majeurs.

Claude Lelouch remarque chez lui « l’innocence, la timidité, la folie » et le dirige à plusieurs reprises. Sa collaboration avec Lelouch et ses apparitions au cinéma conduisent à une reconnaissance critique : Villeret reçoit un premier César en 1979 pour Robert et Robert, distinction saluée par le milieu artistique.

Le grand public le découvre aussi dans des comédies populaires : il joue un extraterrestre candide aux côtés de Louis de Funès dans La Soupe aux choux (1981) et participe à Papy fait de la résistance (1983). Le succès du Dîner de cons le propulse à une notoriété plus large, illustrée par le César de 1999.

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Sur le plan intime, les récits sont plus fragmentés. Il aurait renoué tardivement avec sa famille paternelle et, vers la quarantaine, entrepris les démarches pour que « Jacques Villeret » devienne son nom officiel à l’état civil, décision interprétée par certains comme un hommage à l’homme qui l’a élevé et par d’autres comme le résultat d’un parcours identitaire complexe.

Sur le plan privé, il a été marié à la comédienne Irina Tarassov, dont il a élevé le fils, puis a partagé sa vie avec une femme d’origine sénégalaise, nommée Seny. Des proches évoquent des épisodes de dépendance à l’alcool et des tensions familiales autour de la fin de sa vie et de ses obsèques.

Jacques Villeret meurt le 28 janvier 2005 à Évreux d’une hémorragie interne liée à une maladie hépatique. Il est inhumé à Perrusson.

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